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Le Congrès Marial dOttawa

 

Volumen XVIII | Número 129

Bulletin de l'Institut, vol. XVIII, n. 129, janvier 1948, Pp. 54-60

Le Congrès Marial d'Ottawa (Canada), aura été l'événement catholique de juin 1947. Célébré deux mois après le Congrès Marial de Rome, il en a repris et continué l'idée : la connaissance de Marie et l'extension de son règne.

Ottawa, capitale du Canada, surnommée la Washington du Nord, était, pour l'occasion, devenue une cité toute mariale : les édifices religieux, nombreux dans la ville, et beaucoup d'édifices civils, voire le Parlement, avaient arboré les couleurs mariales et papales. Le Coliseum, vaste arène prêtée par la ville et aménagée aux frais de cette dernière, avait été converti en chapelle de la Paix, où durant trois jours la messe fut dite perpétuellement en même temps qu'avaient lieu des heures mariales continuelles. Cinq mille sièges y avaient été disposés ; au sanctuaire brûlait en permanence une illumination de trente mille lampions reproduisant en deux langues l'ardente oraison, « Reine de la Paix, priez pour nous ». Un trône superbe à la statue de Notre-Dame du Cap y avait été érigé au pied duquel déferlèrent des centaines de mille de pèlerins venus vénérer la relique et faire toucher des objets de piété à la statue miraculeuse.

 

Le reposoir. — Un reposoir spectaculaire de 170 mètres sur 27, d'une architecture toute moderne, s'élevait au Terrain Lansdowne, entre la grande estrade de l'Exposition — 80.000 sièges — et le pittoresque Canal Rideau.

Les lignes de ce reposoir ont été conçues de manière à diriger les yeux vers un grand sanctuaire en plein air au centre duquel se dresse l'autel. Au-dessus de l'autel, s'élève une tour centrale de 38 mètres et composée de piliers en forme de « M » superposés. Au centre de cette tour ajourée, une grande couronne surmontée d'une croix indiquant la royauté de la Sainte Vierge sur le genre humain. Au sommet de la tour, une statue de la Vierge de 6 mètres de haut reposait sur un globe illuminé, de 3 mètres de diamètre. Les arcades, dont l'ensemble constitue le mur de fond du reposoir, de chaque côté de l'autel, se composent d'une série d'arches prenant la forme de « M » majuscules, reliées à leur base. A chaque extrémité des arcades, comme de chaque côté du baldaquin, des piliers massifs supportent des anges sonnant la trompette. Ces statues ont une hauteur de 4 mètres. Sur la longueur de l'arcade se lit en grandes lettres capitales le thème consacré au Congrès marial : Ad Jesum Per Mariam.

 

But et objet du Congrès. — L'idée du Congrès Marial a été inspirée à Mgr Vachon, archevêque d'Ottawa, par sa grande dévotion à Marie, comme moyen de célébrer dignement le centenaire d'érection de son diocèse. Préparé depuis plus d'un an, il l'était plus immédiatement par le récent voyage triomphal de la statue miraculeuse, Notre-Dame du Cap-de-la-Madeleine, qui a traversé quarante paroisses urbaines et rurales jusqu'à son arrivée à Ottawa. Ce long pèlerinage de la Madone fut l'occasion de prières, de missions fructueuses, d'un concours immense des populations catholiques et d'innombrables conversions. A l'arrivée de la statue à Ottawa, Monseigneur l'Archevêque se fit un devoir de l'accompagner durant cinq jours d'itinéraire à travers la ville. L'objet principal du Congrès Marial était de réunir le plus grand nombre possible de fidèles dans une croisade de prières pour le rétablissement d'une paix juste et durable dans le monde. Le thème proposé personnellement par Notre Saint-Père le Pape, le deuxième jour, par la voie des ondes, était la liberté, le bon usage de la liberté pour la gloire de Dieu. Après avoir demandé aux Canadiens de garder jalousement leurs traditions, le Pape ajouta : « La Liberté ! qu'y a-t-il de plus nécessaire à notre siècle et de plus souhaitable que la liberté et un juste usage de la liberté pour la gloire de Dieu, pour la profession et la défense de la vraie foi ? » Pour répondre à ce désir du Souverain Pontife, le dernier jour eut lieu la consécration officielle du pays à la Vierge Marie, consécration dont la formule, irradiée à travers tout le Canada, fut prononcée en français par le T. H. Louis Saint-Laurent, ministre des Affaires extérieures, et en anglais par l'Hon. James Me Cann, ministre du Revenu national.

 

L'exposition religieuse. — L'une des plus intéressantes réalisations du Congrès fut l'Exposition religieuse de toutes les communautés de Pères, de Frères et de Sœurs du pays. Une cinquantaine d'Instituts avaient monté cent quinze kiosques illustrant leurs œuvres et le culte marial de leur famille religieuse. Quel intéressant tour du monde catholique que la visite de ces pavillons nous transportant dans presque tous les pays de missions dont ils reproduisaient soit en miniature, soit par l'image, la couleur, le dessin ou la photo, le décor, les habitants, les principaux produits, les us et coutumes de tant de contrées. Sensationnelle révélation aussi de l'activité canadienne missionnaire à travers le monde ! L'œuvre éducative des enseignants et enseignantes était magnifiquement mise en évidence.

 

Le kiosque mariste. — Notre kiosque présentait une synthèse illustrée de l'esprit et de la devise maristes. Œuvre de nos deux provinces canadiennes, conçue principalement par le Cher Frère Ozias-Joseph et réalisé par les Chers Frères Louis-Jérôme, Paul-Sylvain, Louis-Hilaire et Théophile-Eugène, il concrétisait la mystique mariste. Au centre, la belle statue de Notre-Dame de l'Hermitage, régnant en maitresse sur la congrégation. A ses pieds, d'un côté, le Vénérable Père Fondateur lui consacrant sa famille religieuse et de l'autre une maman lui offrant son fils. De chaque côté de la scène centrale, deux tableaux rappelaient deux faveurs de Marie à nos origines, le Souvenez-vous dans les neiges et le bienfaiteur anonyme apportant ses 3.000 écus au Vénérable. Le panneau d'extrême-gauche illustrait les principales initiatives des Frères pour faire connaître et aimer Marie aux enfants. Un planisphère mariste marquait en points brillants les quarante-cinq pays du monde où rayonne le zèle de l'Institut, tandis que lui faisait pendant le tableau agrandi de nos Martyrs d'Espagne. Au-dessus du tout brasillait le flambeau mariste, symbole de notre enseignement. Quatre tours séparant les tableaux représentaient les deux provinces maristes canadiennes d'Iberville et de Lévis et leurs deux missions de Rhodésie et du Nyassaland. Deux cylindres tournants faisaient onduler les drapeaux des pays où s'exerce l'apostolat mariste. Au premier plan, une table exposait des séries de livres scolaires édités par l'Institut en différentes langues. Bref, l'ensemble donnait une idée assez juste de notre rayonnement marial dans le monde. Les visiteurs s'attroupaient et montraient un intérêt bienveillant aux explications données et demandaient une image-souvenir de Notre-Dame de l'Hermitage.

 

Les grands jeux scéniques. — Une des nouveautés du Congrès Marial d'Ottawa aura été de faire servir le Reposoir non seulement à des cérémonies religieuses, messe du jour et de minuit en plein air, mais à de grands spectacles.

Aucune circonstance ne pouvait mieux se prêter à ce genre dramatique du « Jeu scénique » dans lequel Claudel voyait l'avenir du théâtre.

Il permet, en effet, de grouper des masses considérables de chanteurs et de figurants et de leur faire exprimer collectivement, avec une force extraordinaire, les sentiments propres aux grandes foules. Dans un congrès qui réunit, pour ainsi dire, tout un pays, ce genre était bien le plus approprié. La foule des spectateurs se sent bien présentée par la foule des figurants. Dans les Jeux scéniques du Congrès, il n'y a pas seulement un dialogue des chefs de chœur et différents groupes, comme il arrive souvent dans de simples chœurs parlés; il y a une véritable action dramatique, une intrigue, qui se développe comme au théâtre, à travers des péripéties, des situations critiques de sentiment et de pensée ; il y a ce qu'on appelle un intérêt dramatique.

C'est pourquoi ces jeux peuvent être appelés de « grands catéchismes en images ». On peut aussi bien les dire des catéchismes vivants, car les vérités chrétiennes y sont représentées par des personnes qui vivent, se meuvent et luttent devant le spectateur. Pour ces jeux on utilise tous les déploiements que permet la technique moderne des grands éclairages et de l'amplification sonore. Tous les jeux de lumières sont possibles, en toutes couleurs, y compris les merveilleux effets obtenus par les rayons ultra-violets.

Sur les immenses plateaux superposés du Reposoir, l'une des plus grandes foules qui se soient réunies pour assister à un spectacle verra évoluer plus de douze cents figurants dans une éblouissante variété de costumes. Tout a été calculé dans l'arrangement des groupes, dans la forme et la couleur des costumes, dans les gestes et les mimiques des figurants pour produire la plus forte impression avec le maximum de beauté. En comptant l'orchestre, les chœurs invisibles et le personnel de la mise en scène, on peut dire que les grands Jeux scéniques du Congrès employèrent plus de deux mille personnes. C'est sûrement la plus grande entreprise théâtrale qui ait été tentée au Canada.

Les principaux Jeux scéniques représentés furent « Notre-Dame de la Couronne », « Notre-Dame du Pain », « Jésus, Fils de Marie » et « Notre-Dame du Bel-Amour ». « Notre-Dame de la Couronne » réunit devant la Vierge qui vient de faire le tour du monde pour surveiller les intérêts de son Fils le peuple chrétien qui va lui rendre ses hommages. On lui offre toutes les belles choses de la création, fleurs, astres, animaux, œuvres des mains humaines, comme la mécanique, œuvres de l'esprit, poésie et musique. Et chaque fois, Marie d'abord heureuse, montre bientôt de la tristesse. Par condescendance pour les hommes, Notre-Dame finit par dire l'objet de sa tristesse. Elle a vu dans le monde que son Fils n'y régnait pas, mais le Démon, et elle leur fait savoir qu'elle veut non seulement les œuvres de leurs mains mais leurs cœurs. « Notre-Dame du Pain » met en relief une grande idée chrétienne : la nécessité de passer par Marie pour aller au Pain eucharistique. « Jésus, Fils de Marie » reproduit l'émouvante tragédie de la Passion de Notre-Seigneur.

Nos Frères, en grand nombre, les Scolastiques et les Juvénistes d'Iberville, le jour qu'ils participèrent au congrès, ont eu l'avantage d'assister à ces représentations inoubliables.

 

La procession et le feu d'artifice. —Le Congrès se termina, le dimanche soir, par une procession triomphale sur la luxueuse promenade Rideau, en bordure du Canal. Le Cardinal-Légat, Son Éminence Mgr Mc Guigan, archevêque de Toronto, portait le Saint-Sacrement. Le cortège se composait des huit cardinaux présents, d'un nombreux clergé, des membres des communautés religieuses, des mouvements spécialisés d'Action Catholique et d'une foule immense, tandis qu'une foule aussi nombreuse formait une double haie respectueuse et admiratrice le long du parcours. Puis, un merveilleux feu d'artifice projeta dans les airs des scènes de la vie de Jésus et de la Vierge Marie en cinq tableaux lumineux : l'Annonciation, la Nativité, la Sainte-Famille, le Crucifiement et l'Assomption. La pièce de résistance fut l'Assomption. L'auréole atteignit 30 mètres. Des anges volèrent joyeusement à travers les nuages aux pieds de la Vierge Marie. Alors que le tableau s'évanouissait, dans le ciel éclatait une éblouissante féerie de comètes et d'étoiles multicolores.

 

Succès du Congrès. ,— Le Congrès Marial d'Ottawa aura été une réussite incomparable, succès spirituel d'abord, proclamait le pieux Archevêque de cette ville au lendemain de ces grandes assises, par tout le travail surnaturel opéré dans les âmes, par la diffusion de la dévotion à la Vierge, surtout au moyen des conférences, des pièces dramatiques, des prédications, prières et démonstrations de foules en l'honneur de Jésus et de sa Mère ; par le fait catholique et marial qu'il a créé et soutenu pendant cinq jours à l'édification de tout le pays et aussi de l'élément protestant de la ville qui en a témoigné son admiration. Succès également par le nombre des éminentes personnalités religieuses et civiles qui y participèrent : neuf cardinaux, le gouverneur général et le premier ministre du pays, de nombreux membres des parlements fédéral et provinciaux, des milliers de congressistes des deux Amériques, voire d'Europe.