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Discours sur l’enfer 2

 

Br. Marcellin Champagnat

En St. Ma. ch.25. Retirez (vous) de moi, maudits, allez au feu éternel.

. Mt. 25. Apartaos de mi malditos, id al fuego eterno.

Cette sentance de réprobation mêttra le comble au désespoir du malheureux pécheur. J.C., dune seule parole renveesa les soldats qui venoient pour le saisir au jardin des olives. A si la majesté de lhomme Dieu fut si terrible dans un temps où il pa ressoit comme sauveur que sera ce, M. f. quand il paroitra et parlera en juge irrité et tout puissant et qui prononcera dune voix plus efrayante que les tonerres ces redoutables paroles: ? Retirez vous de moi, je ne vous connois plus, , retirez vous dans le feu, , retirez vous dans le feu éternel.
.
Quelle terrible situation, mes frères, de ce voir pour toujours séparé de Dieu pour être précipité dans un gouffre embrasé. Il faudroit connoitre Dieu comme nous le connoitrons après notre mort pour comprendre combien sera grand le supplice de la s éparation du pécheur davec son Dieu.

Mais comme lespérance fut toujours la consolation du malheureux, si ce supplice nétoit pas éternel, le pécheur pourroit dire à la vérité: Je souffre de grands maux, mais ces maux finiront un jour.

Non, pécheur, il nen sera pas ainsi, cette consolation te sera anlevée, car, en même temps que tu éprouveras toute la violence des tourments, tu sauras que ces mêmes tourments doivent durer éternellement.

Enfin, pour ne pas vous retenir trop longtemps, je vais me borner à vous développer, dans une simple expostition, cette sentence que Dieu prononcera au jour de ses vengeances: ; - retirez vous de moi, premier tourment que souffre le pécheur; ; - allez brûler dans un feu allumé par les méchans, second tourment; ; - dans un feu qui brûlera toute léternité, troisième tourment. Daignez, sil vous plait mhonorer de votre favorable attention.

Menacer le pécheur dêtre séparé de Dieu, cela paroit étrange, car est-ce pour lui un supplice ? Ici bas il fait son possible pour sen éloigner et tout ce qui peut len distraire est à son goût. Pécheurs aveugle, voilà votre crime, voici votre supplice !

Le tourment le plus terrible des damnés est sans doute la privation de Dieu. Nous ne pouvons pas en cette vie, comprendre toute la grandeur de ce tourment, cependant nous pouvons lentrevoir en considérant dun c-té que Dieu est un bien infini, et d e lautre que lâme est faite pour le posséder, car de même quun membre démis souffre, languis et est abattu, de même lâme qui est comme démise puisquelle est hors de son centre, souffre, mais des tourments dune autre nature et infiniment plus grand.

Dans cette vie, nous sommes comme dans un sommeil où notre esprit vit continuellement occupé de fant-me. Le vrai bien pour lequelle nous sommes fait ne nous paroit que dans le lointain. Il étoit nécessaire que la chose fût ainsi, sans cela il nous e ût été impossible de mériter étant invinciblement entrainé ver le bien suprême.

Représentons nous, mes frères, une âme à linstant de la mort: tous les fant-mes qui lamusoient sont évanouis, le bandeau fatal est levé, la lumière brille à ses yeux, Dieu se présente à elle dans toute sa beauté et tout ce quil a dattrayant. Qu el renversement ! elle voit alors quelle nest faite que pour lui et quelle ne peut goûter la paix quen lui, elle sy sent irrésistiblement emportée.

Mais quel est son supplice ? Plus elle séforce pour sunir à son Dieu, plus elle rencontre dobstacle. Elle nentend dautres paroles que la foudroyante parole du prophète Osé: Vous nêtes plus mon peuple et je ne suis plus votre Dieu: . Oui, cest en vain quelle sefforce, un bras tout puissant la repousse sans cesse.

Pécheur obstiné, lui dit lauteur de son être, vois, examine ce que tu as perdu à regarder ce ciel et les plaisirs quy goûtent mes élus, écoutes les admirables concerts qui réjouissent la cour céleste. Cest ce que je taurois donné pour récompense de tes bonnes oeuvres; mais comme tu nas fait que des oeuvres de ténèbres, tu sera privé de ce bien. Je devois être la récompense, mais puisque tu ne mas pas voulut obéir, je ne serai point ton Dieu: . Non, Dieu ne sera jamais p our toi quun ennemi irréconciliable et un vangeur tout puissant.

Tourment incompréhensible: lâme est sans cesse attirée par tout ce que Dieu a daimable et de parfait, et repoussée par tout ce que la haine et lindignation dun Dieu ont de plus épouventable.
Non, comme nous lavons dit, en cette vie, nous ne comprenons pas ce que cest que la perte de Dieu; mais le réprouvé le comprend, et ressent si cruellement la perte, quil a faite que, si, au milieu de ses brasiers, il pouvait espérer de voir Dieu et de pouvoir le posséder pendant une heure, après chaque mille ans, il serait content, et souffrirait ses tourments avec consolation.

A quoi pensez vous lorsque vous perdez Dieu en perdant sa grâce par le péché mortel ? Pensez vous que cette nouvelle ingratitude sera peut-être cause que Dieu portera contre vous la terrible sentence de réprobation que vous avez peut-être déjà mérité es tant de fois.

Et vous, âmes tièdes que faites vous lorsque par tant de fautes légères que vous traitez de bagatelles, vous vous exposez à tomber dans le péché mortel et à perdre Dieu? Les damnés pleurent cette perte et vous y êtes insensibles. Les damnés voudroie nt retourner à Dieu, mais il nest plus temps, ils ne le peuvent plus. Vous en avez le temps et vous le pouvez, cependant vous ne le voulez pas, vous avez donc le coeur plus dur quun réprouvé.

Cherchez Dieu dans le temps que vous pouvez le trouver; retournez à lui à présent quil vous en presse et quil menvoit pour vous en prier, dans léternité vous ne le pourrez plus. Au rapport des St.Pères, la privation de Dieu est le plus grand supp lice quéprouvent les réprouvés; néanmoins il ne est un autre qui nest pas moins épouvantable, cest la peine du feu, sujet de mon second point.

En mille endroits les divines écritures font mention dun feu qui dévorera les malheureux réprouvés. Les Sts.Pères, les théologiens disent quelles parlent dun feu réel et miraculeux qui renferme tout supplice.

Nous ne connoissons point sur la terre dagent plus terrible que le feu et ce seroit le tourment le plus épouventable si on pouvoit le souffrir longtemps dans toute sa violence. Mais quelques instans de ce supplice suffisent pour faire expirer celui qui le souffre..

Supposons un criminel condamné à être brulé tout vif. Le voilà placé sur un bûcher entourré dun bois très sec et très combustible. A peine le feu est il allumé que la flamme sélève et lenveloppe de toute part.

Qui pourra se faire une idée de ce qua de violent cette première atteinte, mais elle ne peut durer. Le sentiment sémousse dabord et après quelque moment de douleur, le patient expirent. Supposons encore que Dieu fasse un miracle pour conserver la vie à ce criminel au milieux du feu et quil souffre pendant un jour pour tout ce quil a éprouvé au premier abort.

Cette pensée, mes f. ne vous remplir elle pas defrois ? Cependant allons plus loin: portons nos regards dans ces fournaises où lon fait fondre le verre ou le fer. Si quelquun y étoit jeté, à peine auroit il le temps de pousser un cri quil seroit mort. Ce nest pas sur un bucher quil faut placer notre criminel, cest dans une fournaise capable de fondre une masse énorme de fer, que la force épouvantable agisse toute sur lui et quil soit forcée dy vivre comme le poisson dans leau. Malgr é lépouvante qui nous saisit, aprofondissons cette pensée, et faisons, sil est possible, une juste idée de ce que souffre ce malheureux quand nous en serons venu là nous naurons encore rien compris de ce que souffre un damné.

Feu miraculeux, il ny a point de proportions entre le feu de lenfer et celui des fournaises dont nous venons de parler. Les feux dici bas ne sont quune ombre, celui de lenfer est la réalité et fait souffirr tous les tourments. Il faut également souffrir lâme dans toutes ses puissances et le corps dans tous ses sens. Il ny a point de supplice quun réprouvé nendure: . Jamais les hommes, quelque cruels quil aient été, nont rien inventé de pareil; mais ici c est un Dieu qui punit en Dieu et qui, dans sa fureur, emploit toute sa puissance: . Deut. Lesprit humain ne peut rien imaginer de plus horrible que la situation dun réprouvé. Représentez vous des corps embrasés, infects, couvert de lèpre, de pourriture, plongés dans un gouffre de feu et de souffre brûlant, des corps vivans, déchirés, écorchés, disloqués, entassés les uns sur les autres, dont lodorat, la bouche, les yeux, tous les membres, tous les sens souf frent en particulier le plus violent supplice sans adoucissement et sans relache: .
.
Les cris quarrache aux réprouvés la violence des tourmens quils endurent sont si perçants quils seroient capables de faire fendre les rochers, leurs douleurs si cuisantes et si vives quune heure de ces tourmens est plus insuportable que vingt ans en ce monde de maladie la plus aigue. La puanteur de ces corps est si horrible quun seul seroit capable dinfester luniver.

Tout ce qui se présente à lui le tourmente, il ne voit que du feu, il navale que du feu, il ne respire que du feu, il ne touche que des objets pénétré de feu. Tout le remplit dhorreur et defrois, il ne voit que des figures hydeuses, des monstres horribles, de démons sous des figures épouventables. Il nentend que lamentations, hurlements, cris de rages, grincement de dent: . Grand Dieu quelle horrible situation !

Voilà lécueil fatal où vont aboutir les délises de ce monde. Voilà, dis-je, où viennent échouer les funestes plaisirs du voluptueux et projets que lambition seule a formée. Flattes aujourdhui tant que tu voudras, misérable exclave de la volupté, ce corps qui doit éternellement substanter les flammes dévorantes de lenfer; demain, oui demain, et peut-être avant demain, les démons se réjouiront de pouvoir le tourmenter avec les autres victimes de leur rage.

Qui ne frémira à la vue de pareils supplices ? Cependant tout ce quon en peut dire nest rien, car de même que la gloire est au-dessus de nos pensées, de même lenfer est au-dessus de notre intelligence. La désolation de lEgypte entière nest, di t lécriture que le doigt de Dieu, mais sagit il de punir Lucifer et les réprouvés toute sa puissance et toute la force de son bras y est employé: .

Vous craignez les disgrâces et les maux de cette vie qui ne durent quun moment, pourquoi ne prévenez vous pas des maux qui ne finiront jamais.

Vous auriez peine à souffrir la picure dune épingle, comment souffrirez vous lactivité du feu dévorant. Que votre aveuglement est déplorable. Vous navez point devant les yeux le terme où doivent vous conduire votre vanité et votre attache aux biens de la terre.

Lhomme sensé agit bien autrement: il scait quon ne peut être heureux en ce monde et en lautre, jouir des plaisirs de la terre et de ceux du paradis, cest pourquoi il ne sattache point à ce qui flatte les sens ici-bas, et pour gagner les biens fu turs, il ne fait pas difficulté de sacrifier les présents. Sil a fait des fautes, il les pleure et en fait pénitence pour ne pas les pleurer en enfer.

Il dit comme disait St.Paul: je chatie mon corps pour ne pas devenir un réprouvé. Je me suis réduit un prisonier dans un desert, disoit St.Jer-me, de peur de tomber dans lenfer et de me perdre avec les mondains: .

Cest donc avec raison quun chartreux a dit que si la pénitence et les tribulations de cette vie sont la somence dune joie et dune gloire immortelle, les plaisirs du temps, lattache aux biens de la terre sont aussi une semence de douleurs et de r egrets qui poussent leur germe dans léternité: futurorum sunt semina dolorum», regrets, désesperance qui comme un ver rongeur déchirent sans relâche le coeur du réprouvé. Je pouvoit, dit-il, gagner le ciel, jen ai eu le temps et les moyens, mais jen ai abusé; de quoi me servent maintenant tous les plaisirs et tout ce que jai possédé sur la terre: ?

Ah! chrétiens; si les réprouvés qui souffrent présentement toute la violence des tourmens, avoient le temps que vous perdez en mille occasions, oh! quils en profiteroient bien ! Non, ils ne feroient point comme vous qui marchez en aveugles ver une éternité de supplice.

On ne verroit pas, dis-je, parmi eux ces rendez vous, ces entretiens inutiles où la réputation des uns et des autres est impitoyablement déchirée. Ah! quils seroient contents sils pouvoient par la pénitence la plus austère de trois ou quatre mille ans sarracher aux flammes dévorantes, sils leur étoient permis de revenir en ce monde, quel exemples ne nous donneroient ils pas. Y auroit il une vie assez rigoureuse pour eux? Avec quelle gaîté de coeur repliroient notre divine loi. Rien ne seroi t capable de la lui faire violer.

Misérables que nous sommes, nous avons peut-être mille fois mérité dêtre précipité dans les cachots infects de lenfer et nous ne pensons point à faire pénitence.

Enfin, mes frères, pour éviter tant de malheurs quencourt le pécheur obstiné, commençons dès aujourdhui à changer de vie, mettons ordre à ntre conscience et à lexemple du grand ap-tre des Gentils, déclarons la guerre à notre ennemi capital qui est notre corps, réduisons-le en servitude, car, disoit ce grand ap- tre: Je chatie mon corps pour ne pas devenir un réprouvé. Je me suis réduit comme un prisonnier dans un désert, disoit St.Jer-m; de peur de tomber dans lenfer et de me perdre avec les mondains.

Non, N.f., ni le tranchant des épées, ni les roues, ni les verges, ni les ongles de fer, instrumens avec lesquels on enlevoit par violence la peau des martyrs, ni les chevalets, ni les foies les plus cruelles parce que tout cela nétoient que linve ntion des hommes, mais ici.... les horreurs des guerres, les pestes, les famines, les grêles, les déluges, les tremblements de terre qui écroulent engloutissent des villes et des provinces entières, tout ceci nest, dit lécriture, que le doigt de Dieu.

On ne peut éviter lenfer si on ne fait une bonne mort, si on ne mène pas une bonne vie, car la bonne mort est le fruit dune bonne vie. A quoi pouvez vous donc vcous attendre, vous qui entassez crime sur crime, à quoi ? à une très mauvaise mort: mor s peccatorum pessima.
.

A une mort horrible aux yeux de Dieu quil me soit permis, pour linstruction dun grand nombre de ceux qui mécoutent de tirer de ces mêmes flammes lami, le compagnon de débauche de ce jeune libertin, le contemporin de ce vieillard impudique. Oui quil me soit permis de tirer des flammes de lenfer jeunes et vieux, exclave du vice de limpureté, quil me soit permis, dis-je, de tirer du fond de lenfer le complice de vos crimes. Le voila au milieux de vous tous pécheurs et vous surtout infâmes partisans du vice, péché sâles de limpureté, le voyez vous ce damné, voyez vous sa figure couverte des saletés dont il sest souillé et dont vous lavez souillé vous même. Voyez ses mains écorchées et toutes brûlantes par le chatiment de ses act ions honteuses et de ses sales attouchemens. Voyez vous ses oreilles que vous même avez souillées par vos paroles obscènes, ses yeux, ses narines, sa bouche qui lancent le feu et le soufre brulant à gros tourbillons. Voyez vous ces serpents furieux q ui le déchirent comme à lenvie. Voyez vous ce Dragon infernal excité par la juste fureur de Dieu qui prend attache de déchirer ses membres qui ont le plus participé au crime. Voyez aussi ce jeune enfant à qui il avoit appris le mal qui un foie à la main anime tous les monstres infernaux à le tourmenter. Mais écoutez aussi pécheurs, ses cris déchirants et lamentables, car cest contre vous malheureux exclaves du péché quil enrage?. Viens malheureux, viens Malheureuse, toi qui ma précipité dans lepouvantable malheur où je souffre dincompréhensibles tourmens.

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