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Circulaires 407

 

La spiritualité de Marcellin et une identité contemporaine pour ses Petits Frères de Marie
H. Seán Sammon
06/06/2003 - Vol. XXXI, n. 1
Circular 407

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Une Révolution du cœur

Enfants d’une nouvelle saison
Introduction
Première partie
L’importance des contextes
Deuxième partie
Un mot sur l’identité
Troisième partie
La spiritualité de Marcellin et une identité
contemporaine pour ses Petits Frères de Marie
Références
Remerciements

407

Une Révolution du cœur

 La spiritualité de Marcellin et une identité contemporaine pour ses Petits Frères de Marie. 

Frère Seán D. Sammon, FMS

Supérieur général

 

Institut des Frères Maristes

Volume XXXI, n° 1

6 juin 2003

407

 

Titre original en anglais :

A Révolution of the Heart.

Marcellin's spirituality

and a contemporary identity

for his Little Brothers of Mary.

 

Traduction :

Joseph Bélanger fms, Louis Richard fms et Gilles Beauregard fms.

 

Éditeur :

Institut des Frères Maristes

Maison générale

Roma, ITALIA

 

Production et Administration :

Frères Maristes

Piazzale Marcellino Champagnat, 2

00144 Roma, ITALIA

Tél. (39)06 545171

Téléc. (39) 06 54517217

publica@fms.it

www.champagnat.org

 

Mise en page et photolithographie :

TIPOCROM S.R.L.

Via G.G. Arrivabene, 24 00159

Roma, ITALIA

 

Impression :

C.S.C. GRAFICA, S.R.L.

Via G.G. Arrivabene, 24

00159 Roma, ITALIA

 

Photographie :

Lluís Serra fms

 

Couverture : Transmettre la lumière. Rencontre du Conseil Général élargi à Cochabamba, le 31 mai 2003.

 

TABLE

DES MATIÈRES

Enfants d'une nouvelle saison............................................ 5

 

Introduction......................................................................... 7

Première partie

L'importance des contextes............................................. 17

 

Deuxième partie

Un mot sur l'identité.......................................................... 33

 

Troisième partie

La spiritualité de Marcellin et une identité  contemporaine

               pour ses Petits Frères de Marie ....................... 45

 

Références....................................................................... 82

 

Remerciements................................................................ 83


 ---------------------------------

 

ENFANTS D'UNE NOUVELLE SAISON

III

 

 

Après le loisir de l'été,

des cieux gris et des temps de tempêtes

restreignent et définissent notre voyage.

Nous marchons plus profondément que le silence

et d'un pas plus haut que le vide.

Les feuilles sont emportées,

un soleil pâle dore les roseaux :

C'est l'automne à demi passé, la fin du temps!

Où est la roue en flammes,

La navette spatiale promise depuis longtemps,

espérée en attendant patiemment ?

S'il y a un message

il gît dans cette vieille terre,

à ces carrefours

où le portail s'ouvre et se ferme :

Le choix entre l'autonomie instantanée -

arrachant les racines d'un sol commun -

et le vide noir, inconnu

où l'on entend le mystère de la vie

qui bouge, fait écho à travers les traces communes

et l'argile commune.

Par où aller ?

Plus loin, où le chemin s'efface,

où les pensées de voyage ou de recherche

ne correspondent plus ni au plan ni au sens.

Plus loin dans les nuages ?

Hâtez le pas maintenant,

l'air manque et il fait froid

et la force qui nous entraîne

ne nous lâchera pas.

                                                                  Catherine de Vinck[1]


 

 

INTRODUCTION

 

Le 6 juin 2003

Fête de Saint Marcellin Champagnat

 

 Chers Frères,

Cette circulaire est une de celles que j'ai l'intention de vous envoyer au cours des prochaines années. Intitulée : Une Révolution du cœur, elle traite de la place centrale que la spiritualité de Marcellin doit tenir dans toute identité contemporaine pour ses Petits Frères de Marie.

Pourquoi choisir ce sujet comme thème de cette circulaire ? Pour deux raisons. D'abord, la tâche urgente de former une identité claire et déterminante pour notre Institut s'impose à nous depuis la fin de Vatican II et elle doit être accomplie.

Deuxièmement, au début de ce nouveau millénaire, non seulement nous semblons désireux de relever le défi de ré-imaginer l'identité de notre Institut, mais nous sommes aussi bien outillés pour parachever ce travail. Il nous faut l'achever, parce que toute congrégation religieuse, digne de ce nom, a l'obligation d'offrir à ses membres une certaine façon de suivre le Seigneur, une approche unique au dépassement de soi.

Voilà pourquoi les récits sur Marcellin et ses premiers frères sont si importants. Ils nous encouragent tous les jours, vous et moi, à vivre autant que possible la pauvreté, l'obéissance et la chasteté, et ils nous aident à comprendre et à rendre grâce pour le fait que notre façon de vivre en Petits Frères de Marie mène non pas à un amoindrissement mais à une plus grande liberté. Quelle meilleure raison pour tenir ferme à nos traditions et pour faire connaître Marcellin et les autres saints parmi nous ? 

Mission : Au cœur de l'identité de notre église 

Mais encore, il y a une autre raison pour choisir l'identité comme thème de cette circulaire ; cela concerne d'une part notre Eglise et sa mission, et d'autre part notre rôle de religieux exerçant un ministère en dehors du service sacramentel. Nous assumons un rôle prophétique quand, en professant les conseils évangéliques, nous promettons de vivre notre engagement baptismal de façon radicale. Per-mettez-moi de m'en expliquer.

La Mission n'est pas seulement une des nombreuses activités de notre Église ; elle constitue son être même. Une partie de notre travail consiste à préserver cette identité d'être "à l'avant et au centre" dans la pensée de l'Église. Nous faisons cela en rappelant aux membres du Peuple de Dieu les interventions salvatrices de Dieu dans le passé, le besoin que nous avons tous de changer notre cœur profondément aujourd'hui, et la responsabilité de chacun pour construire la communauté humaine, maintenant et dans les jours à venir, en accord avec les promesses divines.

On a utilisé de temps en temps l'image, prise dans un tableau d'Eugène Burnand[2] de Pierre et Jean s'empressant d'aller au tombeau de Jésus le jour de Pâques, pour représenter cette relation entre nous, personnes consacrées, et l'Église en général. Nous connaissons bien l'histoire : Jean court devant Pierre et arrive à l'entrée du tombeau avant son compagnon.

Que la course rapide de Jean soit le résultat de son impatience face aux pas lents de Pierre, ou de son empressement à confirmer le rapport des femmes selon lequel Jésus était vraiment ressuscité, Jean, lorsqu'il arrive au tombeau, attend respectueusement son aîné avant d'y pénétrer. La vie religieuse joue un rôle semblable dans notre Église. Elle doit être à l'avant-garde de l'Église, mais elle doit aussi attendre, au besoin, que ce corps plus lourd la rejoigne.

En faisant nos vœux nous nous engageons ainsi à témoigner de la mission de Jésus de façon révolutionnaire. En paroles et en actes, comme si nous étions sa conscience bien formée, nous rappelons sans cesse à notre Église la nature de son identité. Idéalement, nous assumons la responsabilité d'aider l'Église à se rappeler ce qu'elle peut être, ce qu'elle désire ardemment être, et ce qu'elle doit être.

Mais, mes frères, soyons honnêtes : on ne peut pas donner ce qu'on ne possède pas. Nous ne pouvons rien recommander aux autres sans d'abord faire nôtres ces mêmes bonnes recommandations. Notre Église s'est efforcée depuis un demi-siècle de se dégager de l'apparat, qui a gêné son aptitude à proclamer la parole de Dieu d'une manière qui parle aux hommes et aux femmes d'aujourd'hui. Nous ne pouvons pas être moins courageux quand arrive le temps d'affronter les problèmes cruciaux qui assaillent les Petits Frères de Marie, à ce moment de leur histoire.

Mais qu'arrivera-t-il si nous échouons dans nos tentatives pour trouver des réponses franches et cohérentes à ces questions : "qui sommes-nous ?" et "que chérissons-nous, qu'avons-nous de plus cher ?", et si nous ratons alors l'occasion de développer une identité nouvelle et attirante pour notre Institut ? Nous courons le danger d'avancer sans but plutôt qu'avec détermination et passion. Par contre, une identité bien comprise, bien exprimée et bien acceptée, nous unirait en tant que groupe, galvaniserait nos énergies, et nous inviterait à renouveler notre engagement.  

Le défi est-il le même pour tous ? 

Le défi de traiter des problèmes de l'identité et de la spiritualité de Marcellin est-il aussi pressant partout dans notre Institut ? Pas vraiment. Nous avons aujourd'hui des provinces et des districts où des membres se sentent responsables de ce travail de renouvellement. Les démarches de restructuration y ont aussi contribué. Un aspect important, mais souvent négligé, de cet effort de tout l'Institut pour atteindre une plus grande vitalité et viabilité, a été sa spiritualité. Au cœur de ce travail de restructuration, souvent exigeant, on retrouve l'objet central de notre foi, le Mystère pascal. Un long et douloureux processus de mort au passé doit souvent se produire, avant que l'on puisse voir, avec les yeux de la foi, les premiers rayons éblouissants d'un matin de Pâques.

Mais des frères dans d'autres provinces et districts sont moins enthousiastes pour répondre aux appels du renouvellement. Ils ont peur du changement, le prenant souvent pour une perte et un bouleversement. Et, de fait, ces deux derniers en sont des conséquences normales. Mais il n'y a pas de transformation possible sans changement.

Enfin, je ne serais pas honnête si je ne partageais pas cette préoccupation que, dans quelques-unes de nos unités administratives, la nécessité de s'occuper des questions d'identité et de la spiritualité de Marcellin est urgente. Le refus de voir la réalité s'installe si facilement dans un groupe qui a peur de changer. Les résultats à long terme d'une culture de dénégation peuvent toutefois être fatals.

J'ai un grand optimisme pour la vie religieuse et son avenir et, en particulier, pour notre Institut, sa vie et sa mission. En même temps, je crois que les " fenêtres d'opportunité " que Dieu a ouvertes, en ces années récentes, à notre Institut et à plusieurs de ses provinces et districts, ne resteront pas ouvertes indéfiniment. De fait, sans action décisive et audacieuse de la part de tous ceux qui sont concernés, certaines de ces fenêtres sont déjà sur le point de se fermer. 

Le but de cette circulaire 

Notre identité en tant que groupe et la place centrale que la spiritualité de Marcellin doit tenir dans cette identité ont été directement ou indirectement des thèmes importants du 20ième Chapitre général. Ces sujets sont réapparus lors des sessions de travail du Conseil général, durant plusieurs retraites, et lors des ; visites de l'Administration générale aux provinces et districts. Ceci ne devrait pas nous étonner. En effet, la question de notre identité et la place de la spiritualité de Marcellin dans notre identité forment des éléments essentiels de notre vie de Petits Frères de Marie.

Le défi décrit dans cette circulaire dépasse de beaucoup celui que nous avons relevé il y a quelques années, lorsque nous avons entrepris le travail de renouveau grâce à des programmes pastoraux et autres. En nous mettant en route maintenant, nous nous éloignons des soucis d'organisation, si importants soient-ils, pour entreprendre des tâches qui sont fondamentales.

Si nous pouvons répondre à cette question qui va au cœur de notre identité : " sur qui ou sur quoi, vous et moi, reposons notre cœur ? tant d'autres choses liées au processus de renouvellement se mettront naturellement en place : une image de Marie adaptée au 21ième siècle, la volonté d'embrasser l'option préférentielle pour les pauvres vers qui nous sommes appelés, une vision claire de la nature et de la forme de notre apostolat et de notre vie communautaire, une identification facile des Jean-Baptiste Montagne de notre temps, et tant d'autres choses. 

Trois points à ne pas oublier 

Frères, au moment d'entreprendre cette aventure de ré-imaginer notre identité, n'oublions pas les trois points suivants. Premièrement, pour atteindre notre but, nos cœurs doivent être ouverts au changement, tout en chérissant le meilleur du passé. Le renouvellement authentique ne se débarrasse pas de ce qui a précédé, mais, plutôt, libère ce passé des reliquats de l'histoire.

Deuxièmement, n'oubliez pas que changement et transformation diffèrent de plusieurs façons. Le changement arrive à un certain moment dans le temps, la transformation, elle, s'étend dans le temps, nous donnant l'occasion de nous ajuster psychologiquement et spirituellement aux nouvelles circonstances. Par exemple, si j'ajoute un programme d'exercice physique à mon horaire quotidien, j'effectue un changement dans ma vie. Cependant, les effets transformants de ce programme ne sont pas rapidement visibles, alors que ma perte de poids et l'amélioration générale de ma santé sont pourtant évidentes pour moi et les autres.

Troisièmement, rappelons-nous que ce pèlerinage l'écoute, de renouvellement dans lequel notre Institut s'est en-acte simple gagé se fait par au moins trois générations différentes omis combien de frères. Chacune d'elles a une expérience unique de difficile, l'Église et du monde. Ne pas le reconnaître mènera à imprégner des malentendus regrettables et à une lecture erronée noue nouvelle des signes des temps, manière de vivre.

 Plus loin dans cette circulaire nous discuterons plus amplement des différences de générations qui existent aujourd'hui dans notre Institut. Pour le moment, toutefois, rappelons-nous que certains de nos frères ont eu une expérience directe de la vie religieuse préconciliaire, d'autres sont devenus adultes au moment de cette assemblée historique, et enfin les derniers le sont devenus seulement après. 

Une leçon de l'histoire 

L'histoire est éducatrice mais faut-il encore l'étudier attentivement. Dans l'histoire de la vie consacrée, après des périodes de changements et de transformations, on retrouve toujours présents ces trois éléments : prière, » communauté, apostolat. Ils peuvent être présents ' sous une forme nouvelle, mais d'une façon ou d'une autre, nous devons nous attendre à ce que toute forme de vie dite " religieuse " les comporte.

En puisant dans l'héritage de nos traditions, nous serons mieux équipés pour le travail stimulant de repenser notre vie communautaire, notre façon de prier Dieu, notre apostolat, spécialement si nous avons développé l'habitude de la prière, la capacité d'écouter, la volonté d'agir avec courage et détermination.

Mais surtout l'écoute, acte simple mais combien difficile, doit imprégner notre nouvelle manière de vivre. Oui, écouter doit être une des pierres de touche de notre travail commun. Pour développer cette capacité nous ferons bien de ne pas nous entourer seulement de ceux qui pensent comme nous, ou de lire seulement ces auteurs qui partagent nos opinions et notre vue du monde.

Oui, il serait plus commode de ne pas avoir à choisir parmi plusieurs points de vue. Cependant, si nous voulons renouveler la connaissance que nous avons de notre Institut et de sa mission, nous ne pouvons pas faire seulement ce qui est facile. Nous devons encore faire ce qui est juste. 

Un point de clarification 

Pour garder un style simple et clair, j'ai adressé cette lettre à mes frères de l'Institut. Je me rends bien compte, cependant, que beaucoup de nos partenaires laïques s'intéresseront aussi à son message, et je n'ai aucunement l'intention de les exclure. Frères, je vous prie de bien vouloir partager cette lettre avec les partenaires laïques de votre district, province, ou région, et de les accueillir dans vos groupes de discussion sur ces sujets. Quand vous arriverez aux questionnaires à la fin de chaque partie, vous constaterez qu'ils s'adressent à diverses personnes et qu'ils prêtent à différents arrangements. 

Un dernier mot à propos de cette circulaire 

Le texte est divisé en trois parties. A la fin de chacune se trouve une série de questions pour la réflexion. La circulaire veut nous aider à partager nos expériences et nos impressions, à réfléchir ensemble sur le sujet en discussion. Tous sont invités : vous, moi, nos frères en communauté et dans le ministère, nos partenaires laïques. Commençons notre travail en racontant une histoire qui nous aidera à établir le contexte dans lequel nous parlerons de la spiritualité de Marcellin et de notre identité de Petits Frères de Marie.

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PREMIÈRE PARTIE :

 

L'importance des contextes 

Voulant récompenser leur bonne conduite, une maîtresse de jardin d'enfants donna aux élèves de sa classe une heure pour dessiner ce qu'ils voulaient. Les élèves en furent ravis et prirent en main crayons et papier, et se mirent rapidement au travail.

Avec le temps, la maîtresse devint de plus en plus curieuse de juger les efforts de ses élèves. Elle commença donc à circuler dans la salle, jetant un coup d'œil ici et là aux divers chefs-d'œuvre en cours.

Toutefois, en regardant le travail d'une élève nommée Louise, la maîtresse devint perplexe. Quoique l'élève eût travaillé diligemment pendant toute la leçon, la maîtresse ne parvint pas à imaginer ce que l'élève dessinait. Alors, elle demanda à Louise ce que son dessin représentait. La fillette répondit : "Je dessine Dieu." Surprise, la maîtresse dit : "Euh! C'est un projet ambitieux. Tu te rends compte que personne ne connaît le visage de Dieu." Sans lever les yeux de son travail, Louise répliqua : "Eh bien, ils le connaîtront dans une minute! "

Voilà, bien sûr, la voix de la confiance et de la certitude. Si seulement nous avions aujourd'hui cette même assurance lorsque nous parlons de notre identité de Petits Frères de Marie et de notre spiritualité, comme héritiers du patrimoine de Marcellin Champagnat !

Avec le recul, vous et moi sommes capables de mieux apprécier que la véritable crise, à laquelle notre Institut doit faire face depuis Vatican II, n'est pas le manque apparent de vocations dans certaines parties du monde. Non, la crise fondamentale, pour tant de groupes durant ces quatre dernières décennies, a été une crise d'identité et de spiritualité.

C'est évident. Si les Pères du Concile se sont attaqués au défi urgent et nécessaire de définir la place légitime des laïcs, hommes et femmes dans l'Église, ils ont eu moins de succès dans leurs efforts pour redéfinir la nature et le but de la vie religieuse.

Le temps passant, ils sont de moins en moins nombreux ceux qui d'entre nous ont une mémoire vivante de cette assemblée historique, et du vent d'espoir qui souffla sur notre Eglise. Ceux d'entre nous qui s'en souviennent conviendront cependant que notre identité de Petits Frères de Marie semblait plus claire lorsque le Concile s'est ouvert, qu'elle ne le semble aujourd'hui.

Par exemple, il y a quarante ans, dans plusieurs pays où nous œuvrions, il y avait davantage de jeunes qui pouvaient tout de même reconnaître ceux d'entre nous qui étaient frères. Tout en ne connaissant pas les détails quotidiens de notre vie religieuse, ces jeunes nous voyaient néanmoins comme des hommes mis à part, et le plus souvent, ils jugeaient notre vie comme simple et pauvre, une vie de sacrifice évident. Ayant promis de vivre les conseils évangéliques d'une certaine manière, on pouvait dire qu'aux yeux de plusieurs, nous avions sacrifié ce à quoi la plupart des gens aspiraient : une épouse, de l'argent, et une certaine autonomie pour prendre des décisions.

Mais les temps ont changé. Des signes extérieurs (comme une manière commune de s'habiller, la récitation quotidienne du rosaire en classe avec nos élèves, ou même un apostolat commun à la province ou au district), qui dans le passé rendaient notre identité et notre mode de vie compréhensible et cohérent, n'existent plus dans beaucoup d'endroits. Malheureusement nous continuons à attendre l'apparition de nouveaux signes pour remplacer ceux qui ont disparu. Quel en est le résultat ? Dans quelques régions de notre Institut, le sens et la valeur de notre vie de frères sont devenus obscurs pour certains, et franchement déroutants pour d'autres.

En plus de l'incertitude relative à notre identité, il faut ajouter le fait que, depuis au moins quarante ans, nous avons travaillé fort pour convaincre les autres membres de l'Eglise, que la vie de frère n'était pas une manière supérieure de vivre l'Evangile. En même temps, nous n'avons pas réussi à faire ressortir ce qui rendait notre vie différente et unique.

Finalement, dans certaines parties du monde actuel, on a vu une augmentation de la consommation au détriment d'un mode de vie plus simple, presque austère, comme c'était le cas dans le passé. On a aussi vu une augmentation de l'individualisme, des agressions sexuelles d'enfants, même par certains de nos frères. Tout cela a suscité bien des interrogations dans l'esprit de plusieurs, les amenant à se questionner sur la santé et l'avenir de la vie consacrée en général, et sur notre vie de frère en particulier.

Depuis Vatican II, nous, les religieux, avons peiné pour reprendre pied. Depuis près de quarante ans maintenant, nous avons cherché une identité nouvelle et attirante pour remplacer celle que nous avons perdue lors du Concile.

Malheureusement, nous sommes loin d'avoir atteint notre but. Aujourd'hui, dans certaines parties du monde, l'inquiétude vis-à-vis de l'état religieux est telle, que Timothy Radcliffe, OP, ancien Maître général des frères prêcheurs, a comparé certains d'entre nous à des maréchaux-ferrants, vivant dans un monde de voitures, errant à la recherche de quelque chose d'utile à faire.

 

Y a-t-il lieu d'être découragés ?

 

Maintenant, cette situation doit-elle nous décourager ? Pas vraiment. L'historien de l'Église, John Padberg, SJ[3], indique que pendant les 450 dernières années, la vie religieuse dans le monde occidental est passée par trois périodes de bouleversements majeurs. La première a commencé avec la Réforme protestante. La deuxième est apparue avec la Révolution française. Et la plus récente a débuté avec les années postconciliaires.

Nous pouvons aussi trouver réconfort dans le fait que, malgré les schémas développés récemment pour illustrer l'évolution de la vie religieuse à partir du temps de Marie l'Egyptienne et d'Antoine au désert jusqu'à nos jours, l'histoire de la vie consacrée n'a jamais été quelque chose de systématique et de bien rangé. Bien que nous l'aurions aimé différente, l'évolution de la vie religieuse apparaît capricieuse, désordonnée et perturbatrice.

 

Avons-nous un avenir ?

 

Avant de poursuivre, arrêtons-nous un bref instant pour nous poser des questions troublantes. D'abord, est-ce que vous et moi croyons qu'une revitalisation de notre mode de vie est possible ? En vue ou en dépit de tous les changements des quarante dernières années, et des pertes qui les ont souvent accompagnés, est-ce que vous et moi, honnêtement, nous croyons que les Petits Frères de Marie ont un futur vital et viable ? Qu'est-ce qui rend notre réponse à cette question si importante ? L'énergie que nous sommes prêts à dépenser, et les risques que nous sommes prêts à encourir au cours des prochaines années dépendent en grande partie de notre réponse.

D'autres questions tout aussi troublantes : Sommes-nous attachés au rêve et au charisme de Marcellin Champagnat ? Comptons-nous canaliser une bonne partie de notre temps et de nos énergies pour réaliser ce rêve et répondre aux besoins de notre temps ? Si, en paroles et en actes, notre réponse et celle de la majorité de nos frères est "Non," il n'y a plus rien à espérer de l'avenir de notre Institut, qui probablement ne durera pas au-delà de la génération actuelle.

Dans son livre, Alice au pays des merveilles, l'auteur Lewis Carroll raconte l'histoire de la rencontre d'Alice avec un chat de Cheshire. Arrivant à un carrefour sur sa route, Alice demande au chat: "Quel chemin dois-je prendre ?" Il lui répond par une autre question : "Où voulez-vous aller ?" "Je ne sais pas," répond Alice. "Alors," réplique le chat, "le chemin que vous prendrez n'a aucune importance."

Le chemin que nous prendrons est aussi sans importance si nous négligeons de donner à notre Institut une identité spécifique et attirante, si nous ne nous consacrons pas sans réserves à la tâche de revitaliser notre mode de vie dans les années à venir.

Mais si nous le faisons, nous pouvons prendre courage car, dans les communautés qui ont eu une ou plusieurs renaissances au cours de leur histoire, la présence d'une vision inspirante pour guider leur groupe, de voix prophétiques parmi leurs membres, et d'un espoir évident chez leurs chefs, a donné aux participants le courage qu'il leur fallait pour relever généreusement ces trois défis :

 

•Entreprendre une profonde conversion du cœur ; renouveler leur vie de foi, ce qui les mène à une plus grande familiarité avec Jésus-Christ.

•Redécouvrir le charisme Fondateur de leur Institut, une fois dégagé des poids de l'histoire.

•Trouver une réponse transformatrice aux signes de leur temps.

 

Je ne peux pas m'empêcher de croire que, en nous attelant à ces trois tâches, nous découvrirons que la spiritualité de Marcellin Champagnat réside au cœur de toute identité renouvelée et décisive pour ses Petits Frères. Bien sûr, le chemin de Marcellin pour aller vers Dieu devrait aujourd'hui prendre une allure du 21ième siècle et non une du 19ième. Cependant, dans le cœur de Marcellin, on trouverait les mêmes attitudes et orientations que celles qui l'ont jadis guidé dans son cheminement spirituel.

Un mot de prudence avant de poursuivre. Se replier sur des modèles qui ont engendré un enthousiasme à une époque passée peut sembler attrayant durant une période d'incertitude. Mais adopter cette attitude ne conduira qu'à une perte de vitalité, et ultérieurement à l'abandon d'un avenir possible.

Nous vivons à une période où notre mode de vie est en train de se modeler une nouvelle image. Quand ce processus sera terminé, ce que nous savions auparavant n'aura plus d'importance. Par contre, ce que nous désirons ardemment pour revitaliser notre Institut et sa mission n'est pas encore bien en vue.

Des choix importants, quant à notre identité et à notre raison d'être se présentent à nous. Ces choix, une fois faits, mettront clairement en évidence les sacrifices requis pour faire partie d'un Institut renouvelé ayant une mission essentielle, et ils nous permettront d'investir nos énergies pour bien vivre notre identité et notre raison d'être.

 

Ce qui complique notre tâche

 

Cela dit, il faut admettre que notre travail de renouvellement est compliqué par certaines caractéristiques de l'époque contemporaine, et par la présence de générations différentes dans notre Institut. Ce moment de notre histoire, appelé par plusieurs la postmodernité, se distingue par un fort désir d'avoir de Dieu une image nouvelle et crédible. S'adressant à la session d'ouverture de notre 20ièmeChapitre général, Benito a appelé cette situation troublante : une crise de la foi[4].

Beaucoup d'entre nous se rendent compte que nous ne pouvons plus nous attendre à ce que les milieux où nous vivons soutiennent notre foi. Le temps est bien passé où nous pouvions compter vivre dans une culture chrétienne, ou être entourés de croyants. C'est triste à dire, mais même dans certaines de nos communautés maristes, ceux parmi nous qui veulent avoir une vie de foi fervente ne peuvent pas toujours compter sur certains membres de leur groupe pour les soutenir.

Ainsi, à l'aurore d'un nouveau millénaire, plusieurs d'entre nous aspirons, du plus profond de notre être, à un Dieu qui habitera au cœur de notre vie. Un Dieu avec qui nous pourrons entrer en relation plus facilement, qui apportera un sens profond à notre vie, et une réponse à nos plus grandes inquiétudes. Voilà le Dieu auquel nous aspirons pour renouveler notre spiritualité et bâtir notre vie de prière personnelle et communautaire.

Moins évident, mais non moins inquiétant, un nombre extraordinaire de changements ont été imposés aux populations de nombreux pays en voie de développement durant ces dernières années. Contrôlant peu ou pas du tout leur condition, ils ont dû affronter, en une ou deux générations, des changements que certains d'entre nous des pays développés ont affronté en cinq ou six générations. Des points de vue humanitaire et spirituel, le résultat s'est avéré tragique : de nombreuses cultures indigènes se sont désintégrées, et même certaines ont disparu.

Enfin, au moins trois générations différentes de frères sont présentes dans notre Institut aujourd'hui, et une certaine connaissance de chacune d'elles est importante pour mieux comprendre le thème de cette circulaire.

Les frères qui composent la plus âgée de ces trois générations se rappellent ce à quoi ressemblait notre mode de vie avant les changements sismiques qui l'ont bouleversé durant Vatican II et les années qui ont suivi. Ils se rappellent, par exemple, que c'était Pie XII qui, le premier, lança un appel pour le renouveau de la vie religieuse et qui, vers la fin des années cinquante, a appelé à une modification de coutumes périmées et secondaires dans la vie religieuse. Ces frères se souviennent encore de la messe en latin, ils peuvent reconnaître une barrette quand ils en voient une, et ils ont vécu une forme très stricte de vie religieuse pendant de nombreuses années.

Un second groupe de nos frères est devenu adulte quand le Pape Jean XXIII a ouvert les fenêtres de l'aggiornamento. Non seulement ce pape a-t-il voulu qu'un peu d'air frais circule dans l'Eglise, mais il a aussi convoqué le premier concile œcuménique depuis près de cent ans. Beaucoup de frères de cette génération se sont vite immergés dans ce que nous appelons aujourd'hui la modernité ; ils se sont efforcés d'abandonner certains privilèges, symboles et modes de vie qui nous séparaient du Peuple de Dieu. L'habit religieux est donc devenu moins commun. Des manières de vivre en communauté, établies depuis longtemps, ont commencé à changer. Tant de choses, familières depuis si longtemps, se sont mises à disparaître.

Ce groupe nous a obligés à affronter les questions que tous se posent sur le sens de la vie ; il a conduit notre Institut à travers une période d'abandon, de questionnement sur le sens et le but de notre mode de vie. Elus pour être témoins de la fin d'une période de l'histoire de l'Église, ces frères ont été bénis en devenant les accoucheurs d'une nouvelle époque.

Cependant, les questions de renouveau en l'an 2003 ne sont plus celles des années 1967-1968. Aujourd'hui une nouvelle génération regarde la vie religieuse et notre Institut, et franchement, ces jeunes proviennent de milieux bien différents de ceux de nos frères de plus de cinquante ans. Bien qu'il y ait des exceptions, la plupart des jeunes qui nous arrivent sont dépourvus d'une forte identité catholique. Par exemple, les symboles qui nous ont nourris et accompagnés dans notre foi - le poisson du vendredi, le jeûne de minuit avant de recevoir la Sainte Communion, la dévotion du premier vendredi de chaque mois, pour n'en nommer que quelques-uns - ne font pas partie de leur expérience.

Parmi les candidats à notre mode de vie aujourd'hui, il y a les rejetons de cette période qu'on vient d'appeler, il y a un moment, la modernité. Ils ont porté ses questions depuis leur enfance et, bien sûr, ils veulent maintenant des réponses, et ils cherchent des signes clairs qui manifesteront leur appartenance à une congrégation religieuse. Ils veulent appartenir à un groupe, mais en même temps ils se demandent ce qui les aidera à vivre, des années durant, ce mode de vie très exigeant, et cela, en demeurant une personne de leur temps et de leur âge.

Ainsi, quand vous parlez avec nos jeunes frères, vous découvrez vite que Vatican II ne fait pas partie de leur histoire. Les années 1980-1990 forment leur point de référence, et non pas les années soixante. Donc, quand les membres de cette génération se mettent à découvrir des aspects de ce qu'on appelle la pré-modernité, avec son insistance sur la tradition, ils ne se sentent pas intéressés par la restauration de ce passé. Pourquoi? Parce qu'ils n'ont pas une mémoire vivante du monde et de l'Église préconciliaires.

Tenant compte d'une expérience si diverse, les responsables actuels de l'Institut ne peuvent pas oublier le besoin que nous avons d'avoir une vision globale et intégrante de tous nos membres. Comment pourrons-nous tenir autrement le cap dans les eaux agitées de la postmodernité ?

 

Dieu présent au centre

 

Le second point central de cette circulaire, celui que j'appelle la spiritualité de Marcellin, est aussi important que le premier. Comme je l'ai dit ci-dessus, je crois que le renouvellement de l'identité de notre Institut et de sa mission passe par la découverte du chemin que Marcellin a pris pour aller à Dieu.

Ce thème a d'autant plus d'importance que le Chapitre a demandé à l'Administration générale d'élaborer un document sur notre spiritualité, sur le modèle de Mission éducative mariste[5]. Avec cette ressource en main, nous tous qui partageons le charisme et le rêve de notre Fondateur, frères et laïcs ensemble, nous devrions pouvoir réfléchir davantage sur sa spiritualité comme étant le fondement de la nôtre.

Depuis 1976, l'expression la Spiritualité apostolique mariste[6] a souvent servi de référence pour les discussions sur ce sujet. Pour plusieurs raisons, je préfère l'expression la spiritualité de Marcellin, car toute discussion à propos de notre spiritualité de Petits Frères de Marie doit prendre sa source dans celle de notre Fondateur. Le trésor qu'il a transmis à nos premiers frères et à chacun de nous à l'intérieur de l'Eglise est unique, et diffère de l'héritage de Jean-Claude Colin par exemple. L'influence de ce dernier est évidente sur la spiritualité des membres des autres branches de la Société de Marie, mais pas tellement sur la nôtre.

En second lieu, le Testament Spirituel du Fondateur identifie les trois éléments qui composent le noyau de sa spiritualité et de celle de ses Petits Frères : confiance en la présence de Dieu, dévotion à Marie et confiance en sa protection, et la pratique des deux petites vertus de simplicité et d'humilité.

Écrivant dans la langue propre à son temps, Marcellin a décrit la spiritualité qu'il recommandait à ses Petits Frères ; c'était un miroir de la sienne : "Persévérez fidèlement dans le saint exercice de la présence de Dieu; l'âme de la prière, de l'oraison, et de toutes les vertus. Que l'humilité et la simplicité soient toujours le caractère des Petits Frères de Marie. Qu'une dévotion tendre et filiale vous anime dans tous les temps et toutes les circonstances pour notre Bonne Mère. Faites-la aimer partout... Soyez fidèles à votre vocation, aimez-la et persévérez-y avec courage…"[7]

Plus loin dans cette circulaire nous examinerons plusieurs facteurs qui ont contribué à la maturité spirituelle de Marcellin : sa pratique de la présence de Dieu n'étant pas le moindre de ces facteurs. Ce Dieu dont Marcellin savourait la présence et qui le soutenait n'était aucunement un Dieu abstrait. C'était plutôt le Seigneur Jésus lui-même. Le mystère de l'Incarnation était au cœur de sa spiritualité. De toute évidence, l'intimité avec Jésus était le but du voyage de foi de Marcellin Champagnat.

Si le Christ était au centre de la spiritualité du Fondateur, Marie s'y trouvait aussi, bien que de manière différente. Marcellin avait une entière confiance en elle et en sa protection, et il disait souvent à ses frères : "Avec Marie, nous avons tout ; sans elle, nous n'avons rien." Le nom de Marie était important pour lui. La foi de Marcellin percevait que Jésus et Marie se trouvaient tous les deux au cœur du mystère de l'Incarnation. Nous pouvons donc conclure que la spiritualité de notre Fondateur était assurément mariale puisqu'elle s'inspirait du mystère de l'Incarnation.

De plus, la spiritualité de Marcellin était éminemment transparente. La simplicité marquait et caractérisait cet homme. Le Fondateur était direct, enthousiaste, confiant. Son humilité aussi était évidente : on ne l'a jamais décrit comme quelqu'un de prétentieux. Voilà donc des qualités qu'il conseillait à ses frères, et que tant de personnes de notre Eglise trouvent encore aujourd'hui si séduisantes. La spiritualité de Marcellin est l'expression d'un christianisme pratique, capable de transformer l'individu aussi bien que le monde dans lequel il vit.

Aussi, de temps en temps, on nous rappelle combien l'une ou l'autre caractéristique de la spiritualité de Marcellin fait partie de notre propre vie. Par exemple, entre mon premier et second mandat de Provincial, j'ai décidé de faire une retraite de trente jours dans un centre de spiritualité sur la côte atlantique des Etats-Unis.

Mon directeur de retraite était un vieux jésuite expérimenté du nom de Tom. Nous nous sommes vite mis au travail, et nous nous rencontrions régulièrement pendant la première semaine, alors que je prenais le rythme de la retraite.

Cependant, au commencement de la deuxième semaine, durant l'une de nos rencontres quotidiennes de trente minutes, Tom fit cette remarque surprenante: "C'est impossible," dit-il, "pour vous de faire les Exercices de Saint Ignace traditionnels ; Marie est trop présente dans votre spiritualité." M'interrogeant sérieusement pour savoir si cette affirmation était une critique voilée ou non, je lui ai demandé ce qu'il voulait dire. Il a répondu : "Oh, c'est évident : vous êtes mariste, pas jésuite." A partir de ce moment, nous avons élaboré un nouveau plan de retraite, et j'ai passé le temps qui restait à contempler le monde et la Parole de Dieu avec les yeux de Marie. A la fin du mois, je me suis rendu compte que cette retraite était devenue l'une des plus mémorables et des plus utiles de ma vie. Donc, je le répète, pour plusieurs raisons, je préfère employer l'expression la spiritualité de Marcellin dans cette circulaire.

 

Notre 20ième Chapitre général

 

Pour ancrer dans l'Écriture sainte le thème de notre 20ième Chapitre général, les membres de la Commission préparatoire ont choisi un passage du chapitre 30 du livre du Deutéronome. Yahvé met les Israélites devant ce choix : ou la vie et un avenir, ou la mort et la destruction. Dans certaines parties de notre Institut, nous affrontons aujourd'hui ce même défi : embrasser avec vigueur l'avenir, o