Beati qui costodiunt vias meas. Pro. C. 8,32.
Bienheureux ceux qui ne s'écartent point des voies
que je leur ai tracées.
Ces paroles que l'Eglise met dans la bouche de Marie,
nous exhortent à etudier la conduite que cette Raine
des Sts. a menée sur la terre.
Heureux en effet, qui imite Marie, puisque en l'imitant
il imite Jésus le roi et le premier modèle
de toutes les vertus. La vie de la Ste. Vierge est une leçon
universelle, car on y apprend de quelle manière il
faut se comporter dans la prospérité, dans
l'adversité, dans la prière, dans le travail,
dans les honneurs et dans les humiliations. Le principale
bu de ceux qui sont agrégés au St. Rosaire
doit être d'imiter Marie. Nous examinerons d'abort
en quoi consiste la dévotion du St. Rosaire, en second
lieu, qui sont ceux qui suivent l'esprit de cette dévotion.
(1)
Vierge Ste. votre secour et vous, mes frères, votre
attention .
La dévotion du St. Rosaire a été établie
au commencement du tresième siècle, temps
auquel la secte impie des Albigeois faisoit de grands maux
à l'Eglise. St. Dominique gémissant sur ces
malheurs, cherchoit les moyens de les réparer lorsque
la Ste. Vierge qui ne manque jamais de secourir ceux qui
ont le coeur droit, lui apparut dans la chapelle de N. Dame
de P(r)ouille, l'an 1208 et lui prédit les merveilleux
effets qu'auroit cette dévotion. En effet, au rapport
des historiens du temps, cette dévotion eut de prodigieux
effets.
Mais ce qui augmenta particulièrement cette dévotion,
ce fut une victoire remportée par les chrétiens
sur les infidels qui menaçoient d'envayr l'Italie.
Les chrétiens se voyant incapables de résister
aux forces des Turcs sans le secour de Dieu obtenu par l'intercession
de Marie, Notre St. Père le Pape St. Pie 5, plein
de cette confiance, envoya au chef de l'armée chrétienne
un chapellet. Le général et toute son armée
s'etant mis sous la protection de la Ste. Vierge, arbora
sur ses étandards l'image de la Raine des cieux avec
le Rosaire.
L' armée chrétienne combattant sous les
étandarts de Marie, ne trouva aucune résistance.
Une protection éclatante de la Mère de Dieu,
un témoignage si authentique de la vertu des prières
du St. Rosaire exigeoit de la reconnaissance; ce fut pour
la témoigner que le St. Père le Pape institua
la fête du St. Rosaire, sous le titre de Notre Dame
de la Victoire qu'il fixa au premier dima(n)che d'octobre,
jour auquel cette fameuse victoire fut gagnée.
Je ne veut pas ici vous parler des miracles sans nombre
qui se sont oppérés par l'intercession de
notre auguste Raine, en conséquence, je ne vous raconterai
pas l'aveux que Satan lui-même a fait lorsque, pressé
par St. Dominique, il dit par la bouche d'un possédé
qu'il auroit mille fois renversé l'Eglise par les
(h)érésies sans la protection de la Ste. Vierge,
qu'à toute heure elle lui arrachoit des âmes
dont il se croyoit bien assuré.
Pourquoi vous rapeler l'histoire de ces deux pécheurs
ou la conservation de cette femme vertueuse qui étant
condamné à la mort par la poursuite de son
mari, a-t-elle recours à ... M.le bourreaux ne put
venir à bout de lui ôter la vie quelques efforts
qu'il pût faire.
Je ne vous parlerai pas non plus du convoi de douze barques
allans à Venise, défandues par un seul homme,
sous la protection de la Ste. Vierge, contre une fIotte
de pirates, tandis que tout l' équipage avoit été
à Notre Dame de Lauret (2).
Enfin, je ne citerai pas le trait d'un soldat nommé
Beauséjour qui, se trouvant un jour en présence
de l'ennemi et se rappelant qu'il n'avoit pas dit les septes
pater et ave qu'il avoit coutume de dire tous les jours,
qu'aussitôt faisant le signe de la croix pour les
dire, ceux qui étoient au tours de lui voulurent
se moquer de lui, mais à peine la première
décharge fut elle faite, que pas un de ceux qui peu
auparavent se moquoient de lui, ne survécu.
Tout cela et une infinité d'autres miracles ne
nous prouvent-il pas combien la Ste. Vierge est puissante.
Saint Louis, Saint Bernard, St. François Xavier guérissoient
les malades par le seul attouchement de leur chapellet.
Examinons maintenant ce que c'est que le St. Rosaire.
Le St. Rosaire est une dévotion en l'honneur de N.S.J.C.
et de sa très Ste. Mere. Cette dévotion consiste
donc à réciter cent cinquente fois la salutation
angélique et quinze fois l'orais(on) dominicale.
A chaque dixaine d'ave on récite le Pater, après
quoi on fait encore une courte méditation sur les
principeaux mystères de la vie et de la mort, de
la gloire de Jésus C. et de Marie. Par le mélange
de pater et d'ave, on réunit J.C. à sa très
digne Mère. Dieu lui-même semble en avoir donné
l'idée, car lorsqu'il promit un Rédempteur
au monde, il déclara que pour faire la guerre à
l' enfer, il employroit une femme et celui qui naitroit
d'elle (3).
Mais, mes f. pourquoi avez vous l'air de vouloir me demander
pourquoi cette répétition des mêmes
mots? Arrêtez, mes f., cette répétition
est un sûr moyen d'être exaucé et exprime
très bien notre amour.
Et quoi m.f., quand nous voulons que quelqu'un nous donne
quelque chose, nous ne nous contentons pas le demender une
seule fois. Au reste, mes f., n'est-ce pas ce que font les
anges dans le ciel puisqu'ils répètent sans
cesse: Sanctus, sanctus, sanctus Dominus Deus Sabaot. J.C.
dans le jardin des olives répète trois fois
la même prière (4).
Si la Cananée(nne) se fut rebutée, si, dis-je,
elle n'eut pas réitérée sa demande,
elle n'eut certainement pas obtenu ce qu'elle demandée
(5). Il faut que les
confrère du St. Rosaire soient tous uni d'esprit
et de coeur, concourant tous à faire honorer leur
mère commune (6).
Le Rosaire se divise en trois parties pour honorer J.C.
en trois états:
son enfance, sa mort et sa gloire. Chaque partie contient
cinq mystères:
la première contient les mystères joyeux qui
sont: premièrement l'annonciation de la Ste. Vierge;
2° la visitation; 3° la naissance de J.C.; 4°
la présentation au temple; 5° la joie que la
Sainte Vierge ressentit après l' avoir trouvé
dans le temple.
La seconde partie du Rosaire comprend les mystères
douloureux qui sont les souffrances et l'âme de sa
sainte Mère percée par un glaive de douleur.
Ces mystères sont: premièrement l'agonie de
J.C. dans le jardin des olives; 2° sa flagellation;
3° son couronnement d'épines; 4° le portem(ent)
de croix; 5° son crucifiment.
La 3e partie rappelle les mystères glorieux: 1°
la resurection de J :C.;
2° son acension; 3° la descente du Saint Esprit
sur les apôtres; 4° l'assomption de la Ste. Vierge;
5° son couronnement dans le cieI.
Pour bien réciter le St. Rosaire, il faut méditer
à chaque dizaine un de ces mystères, car c'est
en (la) récitation de la Salutation angélique,
de l'Oraison dominicale et dans la méditation des
mystéres dont nous avons parlé que consiste
toute la dévotion du St. Rosaire.
Je me réserve à vous expliquer en quoi consiste
cette méditation dimanche prochain.
Voyons maintenant qui sont ceux qui suivent l' esprit de
cette dévotion.
Vous tous qui m'écoutez répondez-moi? Suffit-il
pour suivre l'esprit de la dévotion au St. Rosaire,
de réciter toutes les semaines le St. Rosaire, d'assister
à tous les exercices de cette confrérie? Suffit-il
de se confesser et communier tous les premiers dimanches
des mois toutes les fêtes principales de Notre-Seigneur
et de son auguste Mère, d'élever vos coeurs
souvent pendant la journée et pendant la nuit, pour
offrir à Dieu les prières et les bonnes oeuvres
que font à toute heure un grand nombre de cette confrérie
répendue dans tout l'univer. Tout cela suffit-il,
répondez, confrères? qu'en pensez-vous? Je
lis votre pensée sur vos fronts; la voici: si cela
ne suffit, nous ne sommes pas de cette confrérie.
Si c'est là votre pensée, c'est la mienne
aussi (7), car, bien
que cela ne suffise pas, combien y eut il parmi vous qui
fassent ce que je vient de dire? Combien d'entre vous qui,
loin de réciter le rosaire toutes les semaines, loin
de fréquenter les sacremens les premier dimanches,
ne les fréquentent peut-être pas même
tous les quatre mois, que dis-je tous les quatre mois, peut-être
pas même tous les ans.
C'est à vous misérables hypocrites, que
j'adresse la parole, vous (8),
dis-je, qu'on vous si empressés de courir prendre
vos cierges, de les alumer, vous êtes à ce
point d'aveuglement que de croire que vous êtes de
la confrérie, parce que vous avez un cierge alumé
entre les mains, tandis qu'une flamme impure brule dans
vos coeurs. Croyez-vous honnorer (9)
la raine des cieux que d'accompagner le très St.
Sacrement avec un coeur allant toujours au gré des
passions et accablé de remorts? Croyez-vous, encore
une fois, qu'il suffise de jouer ainsi le personnage d'hypocrite?
Mais quoi, y avez-vous jamais bien pensé que Notre
Seigneur est présent dans le très St. Sacrement
de l'autel? Si vous croyez qu'il y est, pourquoi y venez-vous
l'insulter? Peut être avez vous l'audace de dire que
vous ne l'insultez. Quoi! n'insulte-t-on pas quelqu'un,
quand d'un côte on lui dit qu'on veut l'aimer, lui
obéir, lui plaire, tandis qu'à tous momens,
dans toutes les occasions qui se présentent on lui
dit par ses actions qu'on ne veut ni l'aimer, ni lui plaire,
ni lui obéir? Qui sont donc, mes frères, ceux
qui suivent l'esprit de la dévotion du St. Rosaire?
Qui sont-ils, mes frères, les voici! Ecoutez-le
et profitez-en. Ce sont ceux qui faisant tout ce que nous
venons de dire, imitent, de plus les vertus de Marie.
Qui sont ceux qui imitent les vertus de Marie? Est-ce
vous, filles sans pudeur et sans modestie qui fréquentez
les assemblées prophanes? est-ce vous qui venez dans
ce st. lieu avec une effronterie qu'on lirois sur votre
visage, vous, dis-je, qui à chaque instant tournez
la tête pour voir qui entre et qui sort? Est-ce vous,
encore une fois, qui vous parez plus tôt pour être
vues que pour paroître selon votre rend (10).
Est-ce ainsi qu'on imite la modestie de Marie?
Voit-on dans votre extérieur comme dans celui de
Marie, cette vertu que la Ste. Vierge avoit si à
coeur, c'est à dire la vertu d'humilité?
N' êtes vous pas, au contraire orgueilleuse, pensant
sans cesse comment vous ferez pour paroitre plus bien habillée
que celle-ci. lndescence, imodestie, tout cela est comptez
pour rien; pourvu que vous vous contentiez, voilà
tout ce que vous désirez. Est-ce ainsi qu'on honnore
Marie? Est-ce ainsi qu'on plait à Dieu?