1. Les jeunes que le Père Champagnat voulait
servir avant tout
Puisque vous désirez vous livrer à l'instruction
chrétienne des enfants, ce qui fait le but de votre
vocation et ce que j'approuve fort, je désire que
vous consacriez les premiers effets de votre zèle
aux enfants les plus ignorants et les plus abandonnés.
Ainsi, je vous propose d'aller faire la classe dans les
hameaux de la paroisse".
Vie, VII, p. 75
L'instruction des enfants en général et,
en particulier, des pauvres orphelins est l'objet de notre
Etablissement. Aussitôt que nous aurons terminé
la maison de l'Hermitage et que nos moyens nous permettront
d'utiliser une bonne prise d'eau pour subvenir aux frais
de l'oeuvre, nous recevrons les enfants des maisons de
charité; nous leur donnerons une situation en leur
donnant une éducation chrétienne. Ceux d'entre
eux qui auront des dispositions pour la vertu et pour
la science, seront employés dans la maison.
PROSPECTUS 1824A, 10
L'objet de la Congrégation est encore de diriger
des maisons de Providence ou de refuge pour les gens revenus
du désordre ou exposés à perdre les
mœurs.
Statuts 1828, 9
Article premier. Les Frères de Marie qui ont pour
but principal l'éducation des pauvres enseigneront
la lecture, l'écriture, le calcul, les principes
de la Grammaire et surtout la pratique de la Religion.
Leurs écoles seront gratuites et ils conviendront
avec les communes des moyens de leur procurer une existence
honnête et peu onéreuse.
Statuts 1830, 2
2. Suivre l’exemple du Fondateur en manifestant
notre préférence pour les pauvres
Aimant les pauvres, notre Fondateur a voulu nous envoyer
vers eux, de préférence, sans exclure personne.
Ses premiers disciples, par leur vie rude, restaient proches
de ceux auxquels ils se dévouaient. (33)
Par fidélité au Christ et au Fondateur,
nous aimons les pauvres. Bénis de Dieu, ils nous
attirent ses faveurs et nous évangélisent.
Guidés par la voix de l’Église et
selon notre vocation propre, nous sommes solidaires des
pauvres et de leurs causes justes. Nous leur réservons
notre préférence, partout où nous
sommes et quel que soit notre emploi. Nous aimons les
lieux et les maisons qui nous font partager leur condition,
et nous saisissons les occasions de contact avec la réalité
de leur vie quotidienne.
Le souci des pauvres nous pousse à découvrir
les causes de leur misère et à nous libérer
de tout préjugé ou indifférence à
leur égard. Il nous fait devenir plus responsables
dans l’usage de nos biens que nous devons partager
avec les plus démunis d’entre eux. Nous évitons
de les choquer par un train de vie trop confortable.
Notre mission d’éducateurs auprès
des jeunes nous engage à oeuvrer pour la promotion
de la justice. (34)
L'expérience enseigne que la vitalité d'une
famille religieuse est étroitement liée
a la manière dont elle pratique la pauvreté
évangélique. En raison de la tendance naturelle
au confort et à la richesse, nous veillons à
garder la simplicité dans notre style de vie personnelle,
communautaire, et dans nos oeuvres. Notre préférence
va aux pauvres, avec qui nous partageons nos vies et notre
travail. De cette façon, nous nous conformons à
la recommandation du Fondateur: "Conservez-vous dans
un grand esprit de pauvreté et détachement.
(167)
Constitutions, 33, 34, 167
3. Les cris des jeunes
- Le cri de douleur de tant de pauvres et de marginalisés
qui, partout dans le monde, sont laissés sur le
bord du chemin.
- Le cri de détresse de tous ces jeunes sans emploi,
dont les talents sont méprisés.
- Le cri du silence de tous ceux qui sont rejetées,
de ceux qui sont sans voix, sans liberté, de ceux
qui sont dans une solitude extrême.
- Le cri de désespoir de tant de jeunes qui sont
en quête d'un sens pour leur vie et cherchent le
bonheur dans des paradis artificiels.
L'injustice des structures qui engendrent tant de souffrances
crie vers les cieux (Ex. 3: 7-10).
- Le cri de ces enfants des rues, abandonnés,
condamnés à une vie inhumaine.
- Le cri de ces enfants victimes des injustices, de la
faim, de la guerre.
- Le cri de ces enfants découragés par l'échec
scolaire.
- Le cri de ces enfants du divorce, des familles brisées.
- Le cri de ces enfants dont on abuse ou qui vendent leur
corps.
Derrière ces visages de souffrance, se cache le
visage de Jésus (Mt. 25: 35-40)
Derrière tous ces cris, c'est le cri de Jésus
sur la croix (Mk 15: 34-37)
Mais aussi les cris d'espérance
- de tous ceux qui s'engagent à garantir les droits
de l'homme,
- de tous ceux qui bâtissent la paix,
- de tous ceux qui font reculer la misère,
- de tous ceux qui travaillent à une société
plus juste,
- de tous ceux qui prennent part à la mission d'éducation
- de tous ceux qui luttent pour le respect de la vie,
- de tous ceux qui participent à la sauvegarde
de la création,
- de tous ceux qui annoncent la Bonne Nouvelle.
Dans ces cris d'espérance germent les semences
du Royaume et se manifeste la présence de l'Esprit.
XIX Chapitre général, Message, 5, 6, 7
Des signes d'espérance
- La soif et la quête de Dieu et du sens de la vie
parmi les jeunes, Même s'ils l'expriment quelquefois
par des manifestations équivoques.
- Le désir des pauvres et des marginaux de devenir
acteurs de leur libération et de leur développement,
particulièrement face aux structures oppressives.
- Les citoyens qui poussent à la mise en place
de structures démocratiques dans leur pays, pour
un meilleur respect des droits de l'homme et de la liberté.
- Une plus grande sensibilité aux valeurs de la
culture.
- Les associations non gouvernementales ou populaires
qui se constituent pour venir en aide aux sinistrés
des catastrophes, des guerres, des famines.
- Les jeunes qui travaillent pour plus de justice et qui
se battent pour s'organiser et devenir des agents de transformation
sociale.
XIX Chapitre général, Notre Mission, 8
4. Marcellin et l’orphelin rebelle
Jean-Baptiste est orphelin et vit un peu comme un sauvage.
Le P. Champagnat, aidé de pieuses personnes, est
venu au secours de sa mère qui mourait, abandonnée
par son mari, dans un dénuement extrême.
Après la mort de sa mère, Jean-Baptiste
n'a pu vivre avec les enfants de la famille charitable,
des voisins, qui l'ont recueilli. Alors M. Champagnat
le confie à ses Frères. Fr. Jean-Baptiste
Furet, historien de notre Fondateur, écrit: "Habitué
à vivre en vagabond et à suivre en toute
liberté ses mauvais penchants, il ne put supporter
la vie réglée d'une maison d'éducation...
Il s'enfuit plusieurs fois, aimant mendier son pain et
vivre de l'indigence plutôt que de se soumettre
à la discipline de l'école. Les Frères,
découragés, finirent par prier le Père
de l'abandonner à son malheureux sort, car, lui
dirent-ils: "nous perdons notre temps avec cet enfant
et tôt ou tard, nous serons forcés de le
renvoyer..."M. Champagnat dut beaucoup exhorter ses
Frères à la patience et au courage, durant
de longs mois. Finalement Jean-Baptiste Berne "changea
entièrement; il devint doux, docile, sage et pieux
comme un ange". Après sa première communion
il demanda à être formé pour être
Frère. "Il fut un Frère pieux, régulier,
obéissant et mourut en prédestiné,
à l'âge de vingt et un ans, entre les bras
du Père Champagnat, après l'avoir remercié
de ce qu'il avait fait pour lui."
Cahiers Maristes, No. 4, p. 72
5. Appelés à l’audace
Nous croyons que nous participons à la mission
de Jésus "envoyé pour annoncer la bonne
nouvelle aux pauvres" (Lc 4:18) et parce qu'aujourd'hui
davantage qu'hier, augmente le nombre de pauvres et de
marginalisés auxquels on n'a pas apporté
l'Evangile, nous nous sentons appelés à
revivre "l'expérience du jeune homme Montagne"
par fidélité au Christ et au Fondateur,
à éveiller la solidarité et à
évangéliser: C'est le meilleur service que
nous puissions rendre à l'humanité. (10)
Le moment est venu d’assumer collectivement, de
façon décidée et sans équivoque,
l’appel évangélique à la solidarité.
(20)
XIX Chapitre général, Solidarité,
10, 20
Nous rejoignons les jeunes là où ils sont.
Nous allons avec hardiesse dans des milieux peut-être
inexplorés, où l'attente du Christ se révèle
dans la pauvreté matérielle et spirituelle.
Dans nos rencontres, nous leur manifestons une attention
empreinte d'humilité, de simplicité et d'oubli
de soi.
Nous leur présentons le Christ, la Vérité
qui rend libre, lui qui appelle chacun par son nom. Nous
les aidons à découvrir leur vocation dans
l'Église et dans le monde. Nous demeurons disponibles
à l'Esprit-Saint qui nous interpelle par les réalités
de leur vie et qui nous pousse à des actions courageuses.
Constitutions, 83
6. Discerner les appels
La fidélité à notre mission exige
une attention continuelle aux signes des temps, aux appels
de l'Église et aux besoins de la jeunesse. Cette
attention nous facilite l'adaptation des structures et
la prise de décisions courageuses, parfois inédites.
Le choix de nos options apostoliques se fait dans le discernement
communautaire et avec la médiation des Supérieurs.
Constitutions, 168
7. La transformation de nos oeuvres
Il faut chercher comment transformer nos oeuvres de
façon qu'elles répondent aux attentes de
l'Église et aux besoins des jeunes; de façon
qu'elles nous aident à être vraiment ce à
quoi nous avons été appelés et ce
pourquoi nous avons engagé nos vies: des apôtres
de Jésus Christ, des disciples de Champagnat.
Frère Benito Arbues, “Avancer sereinement
mais sans tarder”, 31
8. Prendre des risques
Ayons l'audace de quitter certaines sécurités
pour nous rendre plus proches des petits et des pauvres.
Ne craignons pas de rejoindre tous ceux qui sont "aux
frontières".
XIX Chapitre général, Message, 20
Au cours des temps modernes, l'activité missionnaire
s'est surtout déroulée dans des régions
isolées, éloignées des centres civilisés
et inaccessibles par suite des difficultés de communication,
de langue, de climat. Aujourd'hui, l'image de la mission
"ad gentes" est peut-être en train de
changer: ses lieux privilégiés devraient
être les grandes cités où apparaissent
des mœurs nouvelles et de nouveaux modèles
de vie, de nouvelles formes de culture et de communication
qui, ensuite, influent sur l'ensemble de la population.
Il est vrai que le "choix des plus petits" doit
conduire à ne pas ignorer les groupes humains les
plus marginaux ou les plus isolés, mais il n'en
est pas moins vrai que l'on ne peut évangéliser
les personnes ou les petits groupes en négligeant
les centres où naît, pour ainsi dire, une
humanité nouvelle avec de nouveaux modèles
de développement. L'avenir des jeunes nations est
en train de se forger dans les villes.
En parlant de l'avenir, on ne peut oublier les jeunes
qui, dans de nombreux pays, constituent déjà
plus de la moitié de la population. Comment faire
parvenir le message du Christ aux jeunes non chrétiens
qui sont l'avenir de continents entiers? A l'évidence,
les moyens ordinaires de la pastorale ne suffisent plus:
il faut des associations et des institutions, des groupes
et des centres de jeunes, des initiatives culturelles
et sociales pour les jeunes.
Redemptoris Missio, 37 (b)
9. Le sens de l’urgence
Il est important de créer de nouvelles présences
qui soient des points de référence pour
re-créer notre vie en mission selon le charisme
du Père Champagnat. La refondation de l’Institut
a besoin de ces fondations qui rendent visible et actuelle
l’intuition du Père Champagnat sensible aux
besoins de son temps, surtout à l’ignorance
religieuse et aux situations de pauvreté des enfants
et des jeunes (cf. C 2). Je sais qu’il est difficile
de penser à tout cela quand nous constatons nos
limites en ressources humaines. C’est là
que l’on peut juger, je crois, de la force ou de
la faiblesse de notre foi.
Frère Benito Arbues, “Avancer sereinement
mais sans tarder”, 31
". . Nos pensées vont aux jeunes générations
qui sont hors du circuit scolaire, aux 130 millions d’enfants
et d’adolescents qui ne peuvent pas fréquenter
l’école et aux 100 millions ou davantage
qui abandonnent l’école avant d’avoir
terminé leurs études (cf UNESCO. Rapport
de la Commission internationale sur l’Education
pour le XXI° siècle, 1996). Cette réalité,
ajoutée à la pauvreté des familles,
devrait vous décider à orienter courageusement
votre charisme, né du feu de la charité
, dans de nouvelles fondations où les diverses
formes de pauvreté sont les plus criantes et dans
des réponses éducatives adaptées
aux nouveaux besoins de la formation intégrale
des jeunes.
Lettre de la Congrégation de l’Education
aux Supérieurs généraux, 1996, 11
Le Chapitre demande à l'Institut de s'engager
prioritairement avec les plus pauvres.
Chaque Province engagera un processus de discernement.
Suite à ce discernement, elle mettra en oeuvre,
dans les quatre années à venir, au moins
un projet significatif d'une présence mariste auprès
des enfants et des jeunes les plus délaissés.
Ce projet sera élaboré et réalisé
en collaboration avec des Laïcs.
XIX Chapitre général, Message, 27
Nous croyons que l'option préférentielle
pour les pauvres est un impératif évangélique
qui nous engage à travailler dans notre mission
d'éducateurs pour la promotion de la justice (C
34) et qui nous donne la hardiesse d'aller dans des milieux
peut-être inexplorés. (C 83) et parce qu'aujourd'hui
davantage qu'hier, malgré les progrès de
la technique, le nombre d'analphabètes augmente
sans cesse, nous nous sentons appelés à
mettre l'accent sur la solidarité comme dimension
essentielle de notre éducation et à mettre
nos oeuvres au service des pauvres. (9)
Engager les responsables à tous les niveaux à
privilégier les nouveaux projets destinés
aux enfants et aux jeunes défavorisés. (14)
Engager toutes les unités administratives à
plus de collaboration entre elles en permettant une plus
grande mobilité des Frères quand un projet
de solidarité le demande. (15)
XIX Chapitre général, Solidarité,
9, 14, 15