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Marcellin
Saint Marcellin Champagnat - Menu
La discipline dans la tradition mariste
 

Qualité essentielle d'une bonne discipline
…le but que l'on se propose en disciplinant les enfants n'est pas de les faire trembler ni de les soumettre par la force, mais de gagner leur cœur, de les former à vertu et de les porter à remplir leurs devoirs par amour. Pour cela, la Discipline doit être paternelle; si elle n'est pas telle, elle n'élève pas l'enfant, et, au lieu de le rendre meilleur, elle le rend pire; si elle n'est pas telle, elle est avilissante pour ceux qui la subissent, et plus avilissante encore pour ceux qui la font subir…
Sans Religion, au contraire, la Discipline n'est qu'une police toute matérielle…
L'amour n'est pas moins nécessaire que la Religion, et un Maître qui ne sait pas aimer les enfants, n'est pas propre à les élever. L'éducation est surtout l'œuvre du cœur; le cœur dur, le mauvais cœur ne comprend rien à ce ministère tout de charité, de douceur et de dévouement. Pour élever l'enfant, pour remplacer auprès de lui son père et sa mère, il faut partager leur tendresse. . . .
Un Maître qui aime, peut avertir et conseiller. . . Un Maître qui aime, peut reprendre et punir. . C'est au Maître qui aime qu'on peut appliquer ces paroles de Saint Augustin: Aimez et faites ce que vous voudrez; ce que fous ferez sera bien fait, ce que vous direz sera bien accueilli, ce que vous désirez sera accompli…
Mais l'amour qu'un Instituteur doit avoir pour ses enfants, n'est pas cet amour faux qu'inspire une molle condescendance pour les caprices et les défauts…
Un Maître doit témoigner son amour à ses enfants.
Guide (1853), pp. 74-77

Devoirs des maîtres concernant les punitions
En ce qui concerne les punitions, un Maître a trois devoirs à remplir : prévenir les fautes, punir peu, se posséder en punissant.
Le premier devoir des Maîtres "touchant la répression est de prévenir, par la vigilance et par une conduite irréprochable, les infractions et les manquements; car les enfants ne sont presque jamais coupables qu'il n'y ait de la faute de ceux qui les conduisent."
Il faut de plus qu'une pénitence soit elle-même juste, proportionnée à la faute, charitable et prudente.
Guide, pp. 150-151

Moyens pour assurer la discipline
La surveillance elle-même qui prévient tant les fautes ne les empêche pas toutes. Le maître doit. donc savoir peser sur la volonté de l'enfant, en se servant tour à tour ou simultanément des divers moyens capables d'agir sur elle: appel à la raison et à la conscience, louable émulation, désir des louanges et des récompenses, crainte des punitions, etc.
Guide, p. 135

Prévenir les fautes
Pour que les pénitences soient profitables, on ne doit en user que rarement et avec une grande sagesse…
1. Le premier devoir des Maîtres touchant la répression est donc de prévenir, par la vigilance et par une conduite irréprochable, les infractions et les manquements; car les enfants ne sont presque jamais coupables qu'il n'y ait autant et souvent plus de la faute de ceux qui les conduisent que de la leur. Les principaux moyens que les Maîtres doivent employer pour prévenir les fautes sont: . .
2. De se maintenir dans une grande égalité d'âme, d'avoir toujours un extérieur grave et prévenant tout à la fois. Ce qui gâte tout dans une école, c'est un Maître changeant, qui est tantôt dans la joie, tantôt dans la tristesse, qui exige d'un moment à l'autre des choses différentes ou néglige dans un temps ce qu'il a voulu dans un autre; qui agit comme par ressort ou par caprice, qui souffre tout aujourd'hui et qui demain punit tout, ou qui passe tout aux uns et rien aux autres.
3. De ne jamais perdre de vue les enfants, de les tenir toujours occupés, d'être exact à tout faire à l'heure; car rien ne retient mieux les enfants, ou ne les ramène plus vite et plus sûrement au devoir, s'ils étaient tentés de s'en écarter, que cette vigilance et cette ponctualité.
4. De leur donner des avis à propos, de les instruire avec bonté de leurs devoirs, de les reprendre avec douceur et fermeté, de ne jamais pousser à bout un enfant que l'on voit de mauvaise humeur ou prêt à s'emporter, et de ne pas mettre ensemble certains enfants qui ne pourraient s'empêcher de badiner.
Guide (1853), pp. 55-56

Punir le moins possible
Il y a aussi un grand nombre de fautes qu'il faut pardonner. . .
Il ne faut jamais attaquer toute la classe en général, lorsqu'il est arrivé quelque faut même grave. Ce qu'il y a à faire dans ces circonstances, c'est de tâcher (sic) de découvrir les auteurs du désordre et de les punir comme ils le méritent. S'il n'est pas possible de les connaître avec certitude, il faut dissimuler. Les enfants sont des enfants, il y a des jours où l'on ne saurait deviner ce qui les rend plus légers et plus inappliqués. Ce qu'il y a de mieux dans ces moments, ce n'est pas de les pousser à bout, on ne ferait que les aigrir et les irriter; mais de prendre patience et de les occuper à quelque chose de sérieux. En se conduisant ainsi, on ne compromet jamais son autorité, on ne donne de pénitence qu'avec réserve, qu'avec équité, et les enfants restent persuadés qu'on ne les punit que par devoir, et parce qu'on les aime.
Guide (1853), pp. 56-57

Se maîtriser en punissant
Dans les réprimandes et les punitions, un Frère doit toujours posséder son âme en paix, réprimer ses mouvements et tâcher d'être assez maître de lui-même pour ne laisser paraître aucune passion, aucune marque d'humeur. Punir un enfant dans un mouvement de colère, ce n'est plus correction, c'est vengeance. Les châtiments que l'on impose avec calme et discrétion, sont mieux reçus et produisent plus de fruit. Il faut même éviter de punir un écolier, lorsqu'on éprouve en soi quelque agitation. Si on le fait les enfants s'aperçoivent que l'agit par humeur et non par raison ni par amitié, et dès lors le Maître perd son autorité sans ressource. Un Frère ne doit pas craindre de dire à un enfant: "Je ne vous punis point aujourd'hui, ou dans ce moment, parce que je suis fâché contre vous."
Guide (1853), pp. 60-61

Des conditions que doit avoir une pénitence
Il ne donnera jamais de pénitence ridicule ou qui puisse troubler l'ordre de la classe… Toute pénitence pour être véritablement utile aux enfants doit avoir les conditions suivantes:
Elle doit être juste, proportionnée aux fautes, modérée, paisible, honnête, volontaire, respectueuse, silencieuse.
Guide (1853), pp. 62-63

La punition corporelle
Est-ce à coups de férule, disait-il, qu'on élève les enfants et qu'on leur inspire l'amour de la vertu? Non: c'est la raison, c'est la religion qui portent la conviction dans l'esprit, qui tournent le cœur au bien, et non les châtiments. Il est étrange que l'on se serve, pour élever les enfants, d'un moyen dont on ne voudrait pas user à l'égard même des animaux.
De pareils moyens d'éducation outragent la dignité de l'homme, dégradent l'enfant, font mépriser et détester celui qui les emploie, mettent le désordre dans l'école, détruisent les sentiments d'amour, d'estime, de confiance et rendent inutiles tous les soins donnés à l'enfant.
Vie, XXII, p. 541

De l'expulsion
Comme l'expulsion est le dernier et le plus terrible des châtiments, on ne doit en venir à cette extrémité, toujours fâcheuse, que lorsqu'on a épuisé tous les autres moyens. Il faut, pour une mesure aussi grave, prendre du temps pour examiner si les raisons que l'on a de renvoyer sont assez fortes…
Guide (1853), p. 72

 
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