MENU - www.champagnat.org
Reserved Area Contact us
Marcellin
Laicos Biographies
Laicos Écrits
  Maristas Lettres de Marcellin
 
Maristas Autres écrits
de Marcellin
  MaristasLettres à Marcellin
 
Maristas Écrits sur Marcellin
Laicos Fondation de
l'Institut
Laicos Canonisation
  Maristas Documents
  MaristasArticles
  MaristasPhotos
Laicos Lieux maristes
  Maristas Guides
  MaristasGalerie de photos
 
Maristas Restructuration de l'Hermitage
Laicos Prières
  MaristasMesse
  MaristasOffice
Laicos Marcellin dans l'art
  Maristas En Vatican
  MaristasGoyo
  MaristasDans le monde
  MaristasBandes dessinées
  MaristasIcônes
  MaristasAutres
Laicos Sujets variés
  Maristas Juan XXII
  MaristasAlpestre
 
Maristas Aquilegia champagnatii
Marcellin Champagnat
 
En Vatican
 
Michel-Ange et la sculpture à la basilique Saint-Pierre au Vatican

 

Sandro Benedetti

 

La direction que Michel-Ange a donnée à la mise en oeuvre de son projet à Saint-Pierre est magnifiquement caractérisée par Vasari dans les pages où il décrit la réaction du Florentin face à la gigantesque proportion de la Fabrique Saint Pierre dont le chargeait Paul III Farnèse après la mort d'Antonio da Sangallo le Jeune. Décision qui naît non seulement dans la ligne du grand Modèle de Sangallo mais aussi en vue du développement des constructions, bien approuvées dans ce chantier pendant les années des papes Médicis: Léon X, Clément VII, d'abord par Raphaël, coopérateur d'Antonio da Sangallo, et puis de 1520 à 1546, par Antonio lui-même, après la mort de l'artiste d'Urbino. Une prise de distance dont la cause dépasse le résultat particulier à quoi est parvenu le projet définitif de Sangallo concrétisé dans le grand Modèle en bois construit par Antonio Labacco dans les dernières années de Sangallo (1539 - 1546).

La conviction qu'il fallait en revenir à Bramante, plus qu'un hommage au vieil "ennemi" des premières années -celles du malheureux projet pour la tombe de Jules II à Saint-Pierre - venait de la condamnation de la tournure qu'avait prise le projet de la nouvelle basilique après que Jules II avait sabré le premier projet de Bramante établi sur un motif central en croix grecque.

Après ce rejet, Bramante lui-même et puis Raphaël avaient donc, avec divers projets d'Antonio, entrepris et mis au point une construction avec un plan allongé: c'est la solution longitudinale que les donateurs demandaient avec instance.

Je ne puis juger du mérite du point de vue particulier que Michel-Ange formulera sur le projet d'Antonio le Jeune -il tenait (ce projet) beaucoup plus du genre allemand que du bon modèle antique, ou de la manière moderne, vague et belle". J'ai cependant consacré plus d'une intervention à son interprétation positive et sans préventions. C'est ici le cas de saisir le sens qui conduit Buonarotti (nom de Michel-Ange) à condamner le changement qui englobe toute la ligne de recherche qui va du second projet de Bramante au modèle de Sangallo et met en relief ce qui en sera la ligne spéciale de formation.

Le nouveau chemin de Michel-Ange sera de ramener Saint-Pierre à une forme plus petite mais à une grandeur plus altière. Il mettait au point un projet "qui épargnait 50 ans de travaux et économisait plus de 300 000 écus". Cela voudra dire non seulement bloquer la construction de l'ensemble longitudinal prévu pour former une croix latine, préfiguré plusieurs fois en hypothèse par Bramante et en forme définitive par Raphaël, Surtout - et cela va violemment scandaliser les disciples d'Antonio da Sangallo, actifs dans le domaine de Saint-Pierre - cela amène à démolir une part importante de ce qu'ont fait déjà Raphaël et Antonio le Jeune. En d'autres termes il faut détruire tout le périmètre extérieur du déambulatoire sud (placé vers l'actuelle place Sainte Marthe) construit déjà dans sa réalisation externe jusqu'à l'entablement supérieur selon un ordre dorique bien marqué. En effet toute la conception de Bramante, Raphaël et Sangallo d'un périmètre externe avec trois grands déambulatoires ceinturant les bras de la croix sud-nord et ouest sera annulée. Elle deviendra la façade extérieure du nouveau mais plus petit mur de Michel-Ange, qui était le parvis interne du déambulatoire supprimé. Réduction impitoyable qui détruira aussi les nombreuses articulations volumétriques de Bramante avec leurs multiples cadences de tours éPayssissant un système volumétrique compact de soubassement d'où fleurira, dans une tension verticale intense, la coupole majestueuse.

Mais cet effort pour se retirer du concert volumétrique ne sera pas le résultat d'un abord simplificatif de la représentation du nouveau Saint-Pierre, vu que justement ce retour à un périmètre mural compact deviendra le moyen apte pour enchaîner et déchaîner dans son contexte la tension créative de la figure architecturale. Un périmètre mural d'où naîtra la créativité plastique qui règne largement dans les oeuvres du grand Florentin: de peinture, de sculpture ou d'architecture.

Comme je l'ai signalé ailleurs de deux façons, le dessin architectural de Michel-Ange, à Saint-Pierre construit "le plus grand dessin d'ordre et beauté" jamais rêvé: l'ordre par la forme géométrique du grand périmètre de l'église; la beauté, par l'intense explicitation d'une conception qui "dissout" et fait virer la qualité volumétrique des corps (soit peinture ou sculpture ou architecture) dans un système de vecteurs -d'os, muscles et chair - en tension réciproque.
La première modalité tend à surpasser et fondre en un résultat d' "enroulement tournoyant" les cadences géométriques de la grande croix grecque établie par Bramante et mise en évidence par Michel-Ange qui en abolit les déambulatoires sur le périmètre. En effet la position extérieure de Buonarotti échappe à une lecture géométrique claire, définie comme elle l'est par le croisement de deux carrés tournant entre eux à 45 degrés.

Ils visent à "Annulerr" les articulations implicites dans les passages volumétriques entre les bras de la croix grecque et ceux de l'anneau spatial carré, qui glisse en faisant le tour des quatre piliers sous la coupole. Une rotation qui imprime au "bloc" de base à la fois la force d'une composition unitaire compacte et l'occasion de cadences formelles rythmées par des éliminations continuelles - octogonales, diagonales, curvilignes - dans le développement du périmètre mural.

Sur cette tension qui est le résultat intense de ce système formatif de Michel-Ange à entrelacement multiple de figures architectoniques qui émerge de l'étude architecturale de Giacomo del Duca - un notable "michelangéliste de fer" -se superpose le second mode de formation: la "dissolution" des valeurs stéréométriques des corps, avec l'avantage d'un décharnement des volumétries murales qui deviennent des "os" (pilastres, ordres architectoniques, etc.) et des fermetures murales résiduelles.

C'est ainsi que la muraille de Saint-Pierre est bâtie selon un triple système figuratif: l'ordre corinthien géant organisé en systèmes de grandes paires de parastate, se suivant le long du périmètre rebondissant de l'édifice, les gigantesques cadences à bandes tri lithiques sur lesquelles se superposent les systèmes binaires des parastates corinthiennes nommées ci-dessus, la paroi murale arrière qui apparaît sur fond à fermeture de l'espace interne. Plan arrière que ce dernier dans lequel se placent des niches et s'ouvrent des fenêtres.

Cette intense complexité figurative qui se répète en cadences variées tout le long de l'ensemble mural, détendue comme elle l'est sur la géométrie particulière du périmètre - celle des deux carrés tournant à 45 degrés - est le moteur de composition qui régit la qualité stupéfiante du corps de base du Saint-Pierre de Michel-Ange.

Dans ce contexte si fortement "vivant" s'inscrit la présence ultérieure des niches semi-circulaires (grandes et petites) et des grandes excavations, sortes de "boîtes spatiales" enfoncées dans le mur et enveloppant les fenêtres à tabernacle qui illuminent l'intérieur de l'église. Niches et excavations qui influencent, réduisent, tendent à "Annulerr" le rôle figuratif restant du mur qui les ferme. A l'avantage du rôle péremptoire figuratif des cadences binaires de l'ordre géant - les "os" de cette intense figuration - qui sont aussi mises en évidence par un continuel rebondissement, par émergence et retrait, de la corniche supérieure qui "soude" horizontalement les figures du bas.

La présence des niches dans la stratégie figurative de Saint- Pierre arrive donc comme l'instrument normale apte à réduire et "résoudre" la valence volumétrique de la paroi murale, dans une animation qui creuse la masse à construire.

Entre cette "fusion" figurative de l'image - pour en parler avec les théoriciens de l'école morphologique russe - se pose le problème de la présence et/ou du rôle réservé aux sculptures dans la composition architectonique de Michel-Ange.

C'est le mérite de Georges Stazinger dans une intervention récente sur Saint-Pierre, d'avoir proposé, sans entrer dans le mérite de la loi de formation de l'architecture de Buonarotti; le thème de la congruité pour les niches présentes dans les parois externes, d'avoir été conçues aussi pour accueillir des sculptures de qualité. Avec le doublebut figuratif de "faire pont entre l'observateur et l'architecture géante" et de mettre en évidence avec l'architecture une troupe de témoins de l'histoire sainte chrétienne", faisant ainsi de l'édifice "une maison de Dieu vivante".

Ce rôle souligné de la sculpture se place dans la mise en valeur que Statzinger développe au sujet de la présence des sculptures également dans les projets de Raphaël et de Sangallo. D'ailleurs on a plus tard une vérification que Michel-Ange aimait enrichir ses projets architecturaux avec des sculptures, comme c'est le cas pour la façade de San Lorenzo à Florence, pour le tombeau de Jules II et les tombes des Médicis et autres. Et on peut y ajouter des notes ultérieures déductibles de l'oeuvre de Maderno à Saint-Pierre, son projet de "Prolongement" longitudinal de la basilique de Michel-Ange. Non seulement dans la structure figurative des nefs et de la nef principale, mais aussi dans la Façade. Là en fait, bien que contraint à rénover les indications sur les idées initiales contenues dans le dessin de Dupérac, à cause de l'insuffisance fonctionnelle de la façade de Buonarotti, il en représente l'esprit des cadences originelles. Outre qu'il insère sur l'attique de la Grande Façade les grandes sculptures qui réverbèrent, dans le nouveau frontispice celles prévues par Buonarotti sur l'attique du tambour de la coupole et sur l'attique du corps de base, ce que Satzinger a bien montré, il insère ensuite dans ce projet et dans les arcs de passage, sous les campaniles latéraux, deux grandes niches au même niveau que celles du tympan mises dans les flancs par Michel-Ange. Et il propose pour la façade les deux grandes statues de Pierre et Paul qui se trouvent maintenant dans le parvis d'en face. Conception de Maderno bien clairement documentée par la représentation de son projet final avec campaniles, gravée dans le Greuter en 1613.

De fait à Saint-Pierre la présence de niches s'articule en deux systèmes: les grandes niches enrichies de tabernacles avec tympans, insérées dans les amples zones murales placées entre les doubles majestueux des parastates corinthiennes et les niches inférieures à simple bout arqué placées entre chaque couple de parastates corinthiennes. Deux systèmes dotés de définitions architectoniques bien différentes et de rôle figuratif différent. Même si Statzinger ne semble pas distinguer le rôle différent de fonction expressive joué par les niches de Michel-Ange, quand il accepte sans discuter le dessin de Paris Nogari au temps de Sixte V (qui se trouve à la bibliothèque vaticane) comme validation généralisée de la présence de sculptures dans la Basilique Vaticane, cependant il me semble qu'une précision doit être apportée. Il faut éviter de considérer comme probante la prolifération dans toutes les niches de sculptures hypothéquée dans ce dessin, au moins pour deux raisons. Par le fait que le saut proportionnel imposé aux sculptures par la dimension différente des niches entre les cadences gigantesques architectoniques, amènerait à confondre ce rôle proportionnel hypothéqué, de "médiation" entre l'observateur et la dimension géante du langage architectonique. Et aussi par une constatation ultérieure du rôle expressif des grandes niches qui peut se déduire de la mise en évidence du rapport qu'ont ces niches en regard des cadences internes de la Basilique.

Afin de saisir cette valeur formative porteuse aussi de valeurs symbolico-expressives de la pensée de Michel-Ange au sujet des niches avec statues, il faut en venir aux considérations initiales, rappelant l'impitoyable "réduction" concernant la réalisation envisagée par Raphaël et Sangallo du déambulatoire sud - la Chapelle dite du Roi de France - réalisée par Michel-Ange en vue de réduire la multiplication volumétrique et en détruisant la paroi externe du dit déambulatoire.

Dans ce but Michel-Ange, rendant extérieure la paroi interne originelle du déambulatoire, renforce en les éPayssissant les masses murales des deux piliers de Raphaël-Sangallo, qui le séparent d'avec le bras contigu de la croix. Il ferme les seuils réalisés, il y creuse à l'intérieur trois niches semi-circulaires avec autels. et avec cela il donne forme, d'une manière liturgique moins incertaine par rapport à ses prédécesseurs, au fond de l'abside de chacun des bras de la croix grecque. A cette chapelle correspond, à l'extérieur, le creusement des grandes niches avec tympan qui émergent au-dessus de la base unitaire qui ceinture l'édifice.

Cette double incision à niche de l'éPaysseur murale a le but figuratif signalé ci-dessus de "réduire" la valeur des parois murales (troisième strate figurative) et d'exalter la force péremptoire du pylône -parastate contigu- "os" gigantesque structurant la composition plastique. Et c'est aussi pourquoi ces niches sont accompagnées, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur, de "l'excavation volumétrique" supérieure qui contient les fenêtres de la Basilique.

Mais, à son tour la solution particulière adoptée par Buonarotti d'accoupler et conjuguer de façon si rigoureusement contiguë la position des niches externes avec les niches internes qui entourent l'autel, fait penser à un rôle particulier et significatif qui leur est donné.

L'unité thématique et la charge expressive et communicative qui émergent manifestement et connotent les inventions des figures architectoniques à Saint-Pierre, la connexion particulière par contiguïté et par dimension avec les niches-autels internes ne peuvent pas ne pas avoir une signification spécifique. celle de proposer - grâce à la présence des statues de saints - une sorte de projection externe des "lieux" liturgiques internes (les autels du périmètre). Une sorte de présentation significative de la vie chrétienne (les saints) offerte à distance rapprochée (dans la ceinturation basse) aux fidèles et aux pèlerins. D'où peut-être la raison de la nette distinction entre grandes niches et petites niches sans tympan. Ces dernières, tout en n'ayant pas de confrontation dans les modulations ou présences liturgiques internes, véhiculent l'unique valence figurative de leurs qualités plastiques, concourant à la "neutralisation" du rôle de la masse volumétrique dans l'image globale.

Pour toutes ces raisons, dérivées de la loi formative de Saint-Pierre et de la constante analogie avec les autres projets de Michel-Ange, sans parler de la valeur symbolico-liturgique renforcée, un rôle décisif doit être attribué à la puissance sculpturale des grandes niches. D'où la décision de les ouvrir à des statues nouvelles dans les grandes niches à tympan placées dans la partie basse de Saint-Pierre. A condition bien sûr que les solutions figuratives de chacune des nouvelles sculptures sachent trouver un vrai lien figuratif avec le monument dans lequel elles vont trouver place cinq siècles après sa réalisation architecturale. C'est-à-dire surtout à cause de la très grande transformation et multiplicité qu'ont subies les codes formatifs de la sculpture de notre temps.

 

 
Accueil | Crédits | Plan du site | RSS | Contactez-nous
Piazzale M. Champagnat, 2 - C.P. 10250 - 00144 - Rome, Italie Copyright © 2004-08 FMS - Tous droits réservés.
Liens maristes Publications maristes Solidarieté - BIS Domaine Jeunes maristes Les frères maristes Marcellin Champagnat Page d'accueil en français