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Introduction : (meneur)
Cette célébration naît comme expression
de famille mariste qui veut chanter sa gratitude à
Dieu et à la Vierge Marie, et dire son merci et son
admiration aux Frères qui dans la foi sont allés
jusqu’au don total de la vie pour le Seigneur. C’est
un moment de communion entre la Famille Mariste d’aujourd’hui
et celle qui déjà dans le ciel intercède
pour nous et nous aime.
Le 06 octobre 1934, il y a 66 ans, le Frère
Bernardo était assassiné à Baruelo,
Espagne. Il avait 45 ans. La page qui ouvre la positio synthétise
l’événement dans ces mots :
« Le bon berger donne sa vie pour
ses brebis », Jn 10,11… En Espagne, avec l’événement
de la seconde république (1931) la diffusion de
l’anticléricalisme et du marxisme devint
provocante et orientée de façon éhonté
contre l’Église et contre les valeurs chrétiennes.
Le Frère Bernardo s'opposa courageusement à
cette marée funeste qui menaçait la chrétienté
de Baruelo et surtout les jeunes. Il multiplia les initiatives
éducatives pour prévenir l’apostasie.
Beaucoup, qui dans un premier temps avaient adhéré
au marxisme, revenaient à l’Église
en voyant le témoignage de vie consacrée
du Fr. Bernardo et la générosité
de sa charité envers tous ceux dans le besoin.
Ce fut aussi la raison principale pour laquelle les dirigeant
locaux du parti communiste l’ont inscrit dans la
liste noire, et l’ont menacé de mort à
plusieurs reprises ; son élimination physique sera
un de leurs premiers objectifs quand la révolte
éclatera. Pourtant rien ne va faire dévier
le Frère Bernardo de l’annonce du Christ
et du témoignage en sa faveur… Il sera la
victime d’ « une haine sans raison »,
Jn 15,25, (son propre assassin le reconnaîtra au
tribunal). Ses derniers mots sont une prière à
Dieu, à la Vierge Marie, et le pardon offert à
son meurtrier qui le regardait mourir et s’en vantait.
(Cf Positio, p 3 et 4).
Chant de louange : Introduire ici un chant
de louange et de remerciement à Dieu
ex : Dieu, nous te louons, Seigneur nous t’acclamons…(quelques
strophes)
Nous chanterons pour toi Seigneur,….
1-Brève biographie (Lecteur 1)
1889, 18 février, le Frère Bernardo nait à
Camallera, près de Gérona. Au Baptème
il reçoit les noms de Plácido Juan José.
1901, le 9 mars, il entre au juvénat où un
de ses frères l’avait déjà précédé.
1905, le 8 septembre, il émet ses premiers vœux,
en 1910 les vœux perpétuels et en 1930 le
vœu de stabilité.
Il parcourt toutes les étapes que connaissent les
Frères à cette période : cuisinier
de communauté, études, enseignant dans le
primaire, dans le secondaire, sous-directeur d’école,
supérieur de communauté et directeur d’école.
1925 : Il est nommé supérieur de communauté
et directeur d’école des mines (mines de charbon)
à Vallejo de Orbò. Cette école est
dans la même vallée que Baruelo et à
quelques kilomètres. Son apostolat sera désormais
centré sur la formation des enfants des mineurs.
1931 : Le supérieurs lui demandent de prendre la
direction de l’école de Baruelo et d’être
le supérieur de la communauté de six Frères.
1934 : le 6 octobre il est tué par les révolutionnaires.
(Cf Positio, p.40-43)
Chant de l’hymne des martyrs
Soliste
Puissance et gloire de l’Esprit :
Heureux les vrais martyrs !
La chair dont Dieu les as pétris
En lui pourra surgir.
Tous
Pareils aux grains qui sont broyés
pour être notre pain,
leur corps se joint au Corps brisé
qui s’offre par nos mains.
Soliste
Leur sang se mêle au Sang sauveur
qui lave nos péchés ;
ils sont l’amour du même cœur
qui nous a tant aimés.
Tous
Dans vos martyrs c’est vous qu’on tue,
Mais vous qu’on glorifie ;
car votre Église en eux salue
la force de l’Esprit.
2-Le martyre (Lecteur 2)
Laissons la parole au Fr. Heraclio José qui a vécu
les événements :
« Il devait être quatre heures du matin quand
un tir de pétards et de coups de fusils contre nos
fenêtres nous réveilla…Il ne nous était
possible de fuir que par la porte qui donnait sur le verger
et de là par un trou traverser le ruisseau. Arrivés
à cet endroit et voyant que nous hésitions,
le Fr. Bernardo nous dit : « Courage, Frères,
Dieu nous protège », et il prit la tête
du groupe. Les six Frères nous avons traversé
le ruisseau. Après quelques mètres le Frère
Bernardo se trouva en face d’un tireur qui lui cria
: « Liberté !» (c’était
le mot de passe, il fallait répondre : « c’est
pour elle que nous luttons »,). Le Frère Bernardo
lui dit : « Au nom de Dieu ne tire pas. Je suis le
directeur de l’école et voilà neuf ans
que je me dévoue à l’éducation
des fils des mineurs. »… Mais l’autre
lui déchargea deux coups de fusils. J’ai entendu
les derniers mots du martyr : « Vierge très
Sainte ! Seigneur ! pardonne-moi, pardonne-lui, Seigneur
! Haï ! Mère. » (Positio, p 182-183)
L’assassin appela ses amis et se vanta : « Venez
voir, il y a ici un moine avec le bouche plus froide que
sa mère qui le mit au monde », et il marcha
sur le cadavre. On proféra contre le mort toute sorte
d’obscénité et de blasphèmes,
un d’eux le poignarda, puis on mutila le corps, on
le lia a une corde et on le traîna dans le verger
des Frères et là il fut abandonné pendant
24 heures… (Positio, p. 186-187) Celestino Mediavilla,
l’assassin, avouera que le motif du meurtre ne fut
ni politique, ni une vengeance personnelle. Il reconnaissait
dans le Frère Bernardo une personne bonne et qu’il
faisait du bien aux enfants des mineurs… Mais c’était
l’ordre de tuer prêtres et religieux et d’incendier
l’église de la paroisse et l’école
des Frères. C’était dans la logique
marxiste. Ce qui fut fait. (Positio, p 206). Moment de silence
Prière ensemble :
« Dieu, tu es le Père qui fait lever ton soleil
sur les bons et sur les méchants,
tu fais pleuvoir
sur les justes et sur les injustes,
donne-nous un cœur tolérant,
un esprit qui éduque à la tolérance,
un sens profond de la fraternité
qui embrasse tous les hommes :
ceux qui pensent comme nous,
ceux qui pensent autrement que nous,
ceux qui te prient comme nous,
ceux qui ont sur les lèvres d’autres prières,
ou pas de prière.
Mais que dans le respect
nous sachions toujours témoigner de toi,
de l’amour que tu nous offres en ton Fils Jésus
;
qu’à tous nous puissions l’annoncer
comme le Seigneur de l’histoire.
Père, fais-nous tiens et fais-nous frères,
liés à toi et liés aux hommes et aux
femmes
qui vivent avec nous la même aventure humaine.
Et donne le courage et le sourire de ton Esprit
à ceux que tu appelles à témoigner
de toi
jusqu’au sang,
qu’ils soient chrétiens ou non !
Par le Christ, notre Seigneur.
3-Qui était le Fr. Bernardo ? (Lecteur
3)
Certainement un cœur d’apôtre. Dans tous
les postes où il a passé il multipliait les
initiatives : chorales, association d’anciens élèves,
groupes d’action catholique, mouvement d’apôtres
parmi les élèves, portes ouvertes, installation
de statues du Sacré Cœur, veillées de
prières, caisse d’épargne pour les fils
des mineurs, bourses d’études, bibliothèque
qui se déplace… Et tout cela mûrit dans
une forte vie d’intimité avec le Seigneur et
la Bonne Mère, sans oublier la mortification et même
le cilice. Il disait en effet : « Quel bien puis-je
faire aux élèves, si je ne suis pas le premier
à vivre ce que je dis ? » (Positio, p.71) Bref
moment de silence
Un article du journal El Debate écrit
: « Le religieux qui a été assassiné,
Don Plácido Fabrega, était un homme vraiment
apostolique. Pendant neuf ans à Baruelo et Orbò
il s’est dédié à la formation
intellectuelle et morale des fils des mineurs de la zone.
Il était très estimé des élèves
pour lesquels il avait formé une caisse d’épargne…
» (Positio, p.215) Bref moment de silence.
Le Frère Bernardo se savait menacé.
A un confrère de Lerida il disait : « Je ne
sais pas ce qui va se passer à Baruelo, mais tôt
ou tard il va se passer quelque chose d’horrible…
Les pauvres ouvriers sont fanatisés, ils sont armés,
ils s’entraînent toutes les semaines…,
ils menacent le curé et les sœurs… Mais
que tout soit selon la volonté de Dieu ; c’est
dans ses mains que nous sommes. » (Positio p 197).
Quand sa maman su qu’il devait diriger l’école
de Baruelo, dans la zone des mines, elle lui dit :
-Que Dieu te protège, mon enfant. Les mineurs ont
une mauvaise réputation. Espérons qu’ils
ne te tueront pas.
-Ils ne sont pas si mauvais, maman, et s’il en était
ainsi y a-t-il joie plus grande que de donner sa vie pour
Dieu et pour l’évangile ? Bref moment de silence.
(Lecteur 4)
Comme Marcellin le Frère Bernardo aimait approcher
les enfants pour leur parler de Dieu. Un confrères
nous a laissé ce souvenir :
« C’était à Barcelone, un jour
de promenade. Nous rencontrons un enfant pauvre, vêtu
de haillons. Le Fr. Bernardo me dit : « Qui sait si
cet enfant pauvre sait que Dieu existe ? ». L’enfant
s’approcha pour demander une aumône ou une image.
Avant de la donner le Frère Bernardo parla avec l’enfant
et vit qu’il savait le Notre Père et le Je
vous salue Marie.
Il lui demanda :
-Et qui t’a appris ces prières ?
-Ma mère.
-Où est ta maman ?
-Elle est morte.
-Il y a longtemps ?
-Trois mois.
-Est-ce que tu as prié beaucoup pour elle ?
Et comme l’enfant ne répondait pas il lui demanda
:
-Et où est ta maman maintenant ?
-Au cimetière.
-Son corps, oui, ma son âme ?
-Aussi !
-Mais non, mon enfant, tu ne sais pas que l’âme
ne
meurt pas ? Tu ne sais pas qu’il y a un ciel ?…
(Positio,p.102)
4-Prières d’action de grâce et d’intercession
: (Meneur)
Nous avons voulu ce moment pour être en compagnie
du Frère Barnardo et avec lui rendre grâce
à Dieu et aussi lui présenter nos demandes.
L’attention à la vie nous crée des multiples
raisons de dire merci. Hier, 9 septembre, à Rome,
nous avons enterré le Frère Lino, missionnaire
au Congo. Pendant 30 ans il y a été professeur,
infirmier, jardinier, sacristain et chargé de l’accueil.
A 80 ans il a arrêté les cours, à cause
de l’éruption volcanique qui a détruit
l’école de Goma, et son cœur aussi. C’était
ce janvier 2002.
Hier, le Frère Charles Howard m’envoyait une
lettre pleine d’admiration envers le Frère
Kieran Geaney qui malgré deux infarctus se veut témoin
du Christ, comme il le peut, parmi les jeunes… Il
ajoute, « En tant que supérieur j’ai
eu tellement d’occasions de rencontrer des frères
vraiment saints… » Dans les martyrs et dans
les Frères qui nous sont proches le Christ assure
sa sainteté et il continue à donner «
la vie en abondance »… Voilà des raisons
de dire grâce :
Le refrain des intercession est :
Refr : Nous te rendons grâces, o notre Dieu.
(ou) Gloire et louange à toi, Seigneur Jésus.
Les intentions vont par groupe de deux
(Lecteur 5),
1-Seigneur, pour tous ceux dans lesquels tu mets un cœur
de vrai éducateur, nous te rendons grâce ;
tandis que nous admirons ce que tu as fait dans l’âme
du Fr. Bernardo, donne à nous aussi un cœur
capable de comprendre les jeunes d’aujourd’hui.
(Lecteur 6)
2-Seigneur, tandis que nous rappelons la mort du Frère
Barnardo, nous te demandons de bénir les mineurs,
les ouvriers, tous ceux qui ont un travail pénible,
qui paye peu, et qui parfois sont tentés par la révolte
et la violence et nous te rendons grâce pour les progrès
faits par la classe ouvrière. Fais de nous des promoteurs
de justice, des gens qui comme Marie et comme ton Fils Jésus,
se mettent du côté des petits, et si nous oublions
les pauvres ne nous laisse pas le cœur en paix et rappelle-nous
que beaucoup de nous nous venons de familles paysannes et
ouvrières.
3-(Lecteur 5) Seigneur, tu nous dis : «
C’est moi qui vous ai choisis, pour que vous portiez
un fruit qui demeure » ; oui, c’est toi qui
choisis tes amis et les formes et les sanctifies ; c’est
toi qui donnes un cœur de frère et de sœur
; nous te rendons grâce pour le travail que tu as
fait dans la vie du Frère Bernardo et de tant d’autres
Frères et pour leur réponse généreuse.
Nous voulons témoigner de cette fraternité,
aujourd’hui, à nous aussi donne ton Esprit.
4-(Lecteur 6) Seigneur, ton prophète Jérémie
avoue : « Tu m’as séduit et je me suis
laissé séduire ! » ; bien de nos Frères
peuvent te le dire au fond de leur cœur ; et sûrement
nos martyrs, comme le Frère Bernardo. Pour cette
faim de toi que tu creuses en nous, nous te rendons grâce
et nous te disons : « garde-nous, Seigneur, dans ton
amour ! Fais que nous ayons aussi le cœur séduit
!» Refr.
5-(Lecteur 5)Seigneur, ton Esprit, au cours
du dernier Chapitre général nous a invité
à « centrer passionnément nos vies et
nos communautés sur le Christ, comme Marie »
; nous te rendons grâce pour cet appel ; fais que
nous puissions te glorifier dès maintenant avec ceux
qui t’ont donné leur vie jusqu’au sang.
Refr.
6-Autres intentions spontanées plus
appropriées à la situation locale…
Dieu qui donne toute grâce,
lui qui vous a appelés dans le Christ
à sa gloire éternelle,
vous rétablira
après que vous aurez souffert un peu de temps ;
il vous affermira,
vous fortifiera,
vous rendra inébranlables.
A Lui,
la puissance pour tous les siècles. Amen. (1P 5,
10-11)
5-Chant final : (meneur) Le Frère
Laurentino, alors provincial, et qui sera à son tour
assassiné en 1936 avec 44 autres Frères, présentait
le Frère Bernardo ainsi : « Religieux en ascension
constante vers la perfection ; apôtre infatigable
de l’Ecole Catholique et des œuvres de la jeunesse…
il était exemplaire, mariste complet, supérieur,
père et modèle pour ses sujets et un excellent
recruteur de vocations sacerdotales et religieuses. Avec
ces deux Frères, avec tous nos martyrs et tous les
Frères au ciel chantons le Salve Regina. (ou un chant
de la famille mariste…)
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