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Célébration dans le souvenir du fr. Joche Albert Ly - 21 avril 1951
 

Cette célébration rappelle à grand traits la vie et le martyre du Fr. Joche Albert Ly, mais elle voudrait être un souvenir de tous nos Frères martyrs en Chine, de nos nombreux Frères d’une fidélité extraordinaire au Seigneur et à notre famille Mariste. Elle sera aussi une prière pour tous nos Frères de la Province de Chine et pour cet immense pays.

Bien que la cause du Fr. Joche Albert n’a pas été introduite, nous sommes en présence d’un vrai témoin du Christ jusqu’au sang et même d’un témoin fort qui a défendu et professé sa foi avec la vigueur de son intelligence et de sa dialectique brillantes.

Bien d’autres Frères, en Chine l’avaient précédé sur cette voie du martyre. En 1900 quatre prêtres et quatre Frères Maristes sont tués à Pékin. En 1906 cinq Frères sont massacrés à Nantchang. Puis un grand nombre passera dans les camps de rééducation après 1949.

Choisir un chant de louange à Dieu…


1-Vie du Fr. Joche Albert Ly

Il naît le 8 février 1910 d’une famille chrétienne et au baptême il reçoit le nom d’André. En 1921 il entre dans notre juvénat de Pékin et fait ses premiers vœux en 1931 et la profession perpétuelle en 1935. De 1940 à 1944 il est étudiant à l’Université Catholique de Fu Jen. Il sera brillant dans la littérature chinoise, mais aime enseigner aussi les sciences exactes. Dans ses temps libres il apprend l’anglais et le français : deux langues qu’il maîtrisera bien.

Il enseigne à Che Foo quand l’armée rouge prend la ville. Il devra suivre plusieurs mois de cours de marxisme dans l’université improvisée de Lai Yang. Fin janvier 1946 commence une longue odyssée pour notre Frère. En mars 1946 il est expulsé de notre collège de Che Foo et fuit à Tsingtao, puis il descend à Shangai où il enseigne jusqu’à la moitié de 1947. De là il se rend au Shangtung (au Tibet chinois) pour ouvrir l’école supérieur de Ming Teh, à Tsingtao. Mais en février 1949 nous le retrouvons à Shangai, puis à Chungking, puis de nouveau Sichang, comme supérieur. L’armée rouge pénètre dans la ville en 1950. Il essaie de faire survivre son école, mais il est envoyé en prison. Les derniers jours il lui avait été possible de se confesser et de communier ; les communistes sur place ne voyant pas le sens de cette petite hostie blanche permettait à un prêtre de lui porter la communion. Le Frère Joche Albert s’était aussi mis d’accord avec le communauté chrétienne qu’il leur serait particulièrement uni à chaque angélus du matin.

Le 21 avril, juste au moment où l’angélus du matin sonne, il est fusillé avec 24 autres chrétiens. Une grande foule assistait à l’exécution et un photographe officiel prenait la photo de chaque martyr.

Après un moment de silence…prière d’action de grâce

Refr : Dieu, nous te louons, Seigneur, nous t’acclamons, dans l’immense cortège de tous les saints.

1- Seigneur, nous te rendons grâce pour ton Eglise, peuple de toutes langues, de toutes cultures, de toutes nations et de tous les temps ; surtout nous te rendons grâce pour tous tes fidèles qui te servent et te glorifient dans la grande nation de la Chine. Refr.

2- Seigneur, nous te rendons grâce pour tous ceux qui ont annoncé ton Fils aux jeunes du monde entier, pour tous ceux qui l’ont fait avec enthousiasme et persévérance. Refr.

3- Seigneur, nous te rendons grâce pour chaque fois que dans les camps de détentions, dans les prisons, dans les camps de travail, la fraternité humaine a refleuri. Refr.

4- Seigneur, nous te rendons grâce pour tous ceux qui se font proches des malchanceux, des malades, des drogués, des pauvres de tout genre, de toute personne humaine qui a besoin d’un conseil, d’une présence, d’une prière. Refr.

5- Seigneur, nous te rendons grâce pour nous donner de vivre la fraternité, pour nous aider à nous comprendre, à nous pardonner, à avoir le courage de l’imperfection. Refr.

2-La personne

Le Frère Joche Albert se caractérisait par le brillant de son intelligence. Il avait l’art de la parole, surtout pour le chinois littéraire et il séduisait ceux qui l’écoutaient, surtout ses élèves. C’était aussi un grand travailleur, capable de rester à son bureau des heures sans lever la tête, et comme il avait un peu d’embonpoint ses confrères l’appelait ‘le petit Bouddha’. Il écrivait les leçons qu’il donnait et surtout les cours de religion. A chaque retour en famille il essayait de ramener des jeunes pour le juvénat ; il visitait son village et les villages d’alentour avec des kilos de médailles de la Vierge Marie… Il s’intéressait aux catéchumènes et tous les ans il présentait un bon groupe de jeunes pour le baptême.

Il était surtout doué pour la dialectique et pour démonter les sophismes, et comme il avait un caractère bouillant, les ripostes étaient parfois tranchantes. Ses confrères lui disaient en riant qu’il lui faudra faire un long purgatoire pour expier tous ses coups de langue. Il le reconnaissait volontiers et facilement il demandait pardon. Même dans le camp de rééducation il arrivait à démonter toutes les raisons des marxistes et même à dire clairement à ceux qui lui faisaient le lavage de cerveau qu’ils étaient des ignorants. Nous connaissons les méthodes des camps : il fallait écrire son autobiographie, puis la réécrire, et ainsi de suite… et finalement faire la confession publique d’avoir trahi le pays, d’avoir collaboré avec les nationaux… Les responsables du camps ont surtout essayé de le faire entrer dans l’Eglise nationaliste, séparée de Rome. Il n’y eut rien à faire.

Temps de silence, puis Ps. 102 et écho de ce psaume.

Bénis le
Seigneur, o mon âme,
bénis son nom très saint, tout mon être !

Bénis le Seigneur, o mon âme,
n’oublie aucun de ses bienfaits.

Car il pardonne toutes tes offenses,
et te guérit de toute maladie,

Il réclame ta vie à la tombe
et te couronne d’amour et de tendresse.

Le Seigneur est tendresse et pitié,
lent à la colère et plein d’amour.

Il n’agit pas envers nous selon nos fautes
et ne nous rend pas selon nos offenses.

Comme le ciel domine la terre,
fort est son amour pour qui le craint :

aussi loin qu’est l’orient de l’occident,
il met loin de nous nos péchés.

Comme la tendresse d’un père pour ses fils,
la tendresse de Dieu pour qui le craint.

Il sait de quoi nous sommes pétris,
il se souvient que nous sommes poussière…

Mais l’amour du Seigneur sur ceux qui le craignent
est de toujours et à toujours.


3 - Quelques témoignages

1-« Comme religieux il a montré une régularité et une piété moyenne, pas plus que les autres. C’était un bon religieux, mais pas excellent, ni le meilleur. C’est dans les dernières années de sa vie et dans le contact avec le marxisme qu’on remarqua une grande maturité en lui. Il était devenu un autre. »

2-Tous lui reconnaissent la rectitude de son caractère, qui par moment se montrait fougueux et même un peu trop, passionné qu’il était pour la vérité. « Quand il se passionnait il parlait avec conviction et force intérieure, il était clair dans son expression et il mettait de la vigueur dans la dialectique. » (Fr. Filippe Wu, qui a été son compagnon le plus intime.)

3-Physiquement il paraissait fort, haut et bien taillé. Il avait le port grave mais sans sévérité, il était attrayant. Jusqu’à la fin de sa carrière un halo de noblesse, de sérénité et de grâce rehaussait sa personne. Il captivait les personnes par son savoir et son entregents. Il avait comme une influence magnétique sur les jeunes qui lui témoignaient vénération et affection. Beaucoup ont trouvé grâce à lui le chemin vers la vérité et le baptême. (Ensemble de témoignages de Hu, prêtre.)

4-Quand il reçut la nouvelle du martyre, le Père Tarcis Kackeiser, exprime sa pensée admirative :
« Votre Révérence me communique que le Frère Albert Ly est martyr. Cela ne me surprend pas ! C’était une âme de choix ! Cette nouvelle me rend joyeux… Je garde de lui de beaux souvenirs. »
« Le Frère Albert était une âme d’apôtre. Son zèle jaillissait du fond de son âme, on percevait toujours en lui un cœur soucieux du salut du prochain. Expliquer le catéchisme faisait ses délices et dans cette tâche il brillait. Son travail apostolique dans le collège était une lumière même pour des gens étrangers et pour nous il était très connu. »

Hymne des martyrs, Vêpres, (laissez-vous inspirer par un hymne dans votre langue).

1-Puissance et gloire
de l’Esprit :
Heureux les vrais martyrs !
La chair dont Dieu les a pétris
En lui pourra surgir.

2-Pareils aux grains qui sont broyés
pour être notre pain,
leur corps se joint au Corps brisé
qui s’offre par nos mains.

3-Leur sang se mêle au sang sauveur
qui lave nos péchés ;
ils sont l’amour du même cœur,
qui nous a tant aimés.

4-Dans vos martyrs c’est vous qu’on tue,
mais vous qu’on glorifie ;
car votre Eglise en eux salue
la force de l’Esprit.

Moment de silence…

Prières d’intercession avec un refrain adapté, comme:
Refr: Sûrs de ton amour et forts de notre foi,
Seigneur, nous te prions.

1- Seigneur, notre Père, nous te prions pour ton Eglise, que dans tous les peuples elle puisse révéler que tu es amour et que ton Fils est au milieu de nous porteur de ton amour. Refr.

2- Seigneur, notre Père, nous te prions pour tous ceux qui cette année tu appelles jusqu’au témoignage du sang, et pour les peuples parmi lesquels ils témoignent.

3- Seigneur, notre Père, accompagne de ton Esprit tous nos Frères de la Province de Chine, la Famille Mariste dans cette province, les jeunes qui ont la chance de te connaître, et nos grands témoins de ton Fils au milieu du peuple chinois.

4- Seigneur, notre Père, nous te prions pour la grande nation de la Chine, bénis ceux qui la gouvernent, et qu’elle soit dans le concert des nations source de paix, de travail, de justice et de sagesse.

5- Seigneur, notre Père, aides-nous à comprendre que nous sommes tous tes enfants, tous frères du Fils que tu nous a donné et que comme lui nous puissions être artisans de paix, de tolérance, de dialogue, d’accueil de ceux qui sont différents de nous et nous enrichissent de leur différence.

Conclusion :

Nous pouvons conclure par le chant du Salve Regina, chant que le Frère Joche Albert et les autres martyrs de Chine ont certainement chanté tous les jours. Ce chant à la Bonne Mère, nous rappelle l’unité de notre famille.

 
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