1924
le 16 octobre : Le Frère Basilio naît à
Acatlán de Juarez, Mexique. Il est le quat
rième
enfant de la famille et au baptême il reçoit
les noms de José Basilio. Il n’a que quatre
ans quand il perd sa maman.
1942
Au mois de juillet, il entre au juvénat des Frères
Maristes à Tlalpán. Il émet ses premiers
vœux le 8 décembre 1944 et fait sa profession
perpétuelle le 1er janvier 1950.
1947
Il débute sa carrière apostolique, enthousiasme
les élèves, crée entre eux et parmi
ses collaborateurs une ambiance de saine émulation
et s’insère tout de suite dans les groupes
d’action catholique, d’animation de la catéchèse
dans les quartiers populaires. Il joue un rôle important
dans l’organisation des « Cursillos de Cristianidad
». En même temps, il continue ses études
de philosophie et, le 17 décembre 1961, soutient
sa thèse de maîtrise en philosophie sur le
thème: « Être et Valeur ». Une
vraie thèse de doctorat, au dire des professeurs.
Entre temps il aura été professeur au juvénat
de Querétaro, puis directeur de 1955 à 1957.
Il terminera cette période initiale de son apostolat
comme professeur au CUM (Centre Universitaire Mariste).
Ses études universitaires, sa participation active
aux Cursillos, les cours de philosophie qu’il a
donné chez les Jésuites, sont sa première
ouverture sur un monde plus vaste que l’horizon
mariste et révèlent déjà son
audace apostolique. Rappelons aussi que Basilio va se
dire fils spirituel de son professeur Oswaldo Robles,
un laïc d’une vie spirituelle exceptionnelle.
Ainsi Basilio ajoute à son filon mariste celui
d’un homme universel.
1960-1964
Il est membre de l’équipe du Père
Ricardo Lombardi dans le mouvement « Monde Meilleur
». En Équateur, il sera le principal responsable,
donnant retraites et conférences très appréciées
par les auditoires les plus divers : ouvriers, politiciens,
gens d’église et personnes consacrées.
Ses conférences devenaient un défi pour
religieux, prêtres, évêques et politiciens
à se dépasser, à s’enthousiasmer
pour le bien.
Il sillonne aussi les pays voisins : Colombie, Vénézuéla,
Chili…Il prend l’habitude de traiter des problèmes
nationaux, internationaux, politiques, économiques,
religieux, et de faire passer dans son équipe et
ses auditoires les idées de Vatican II. Pour lui
et pour notre Congrégation c’est un moment
de grâce remarquable : Basilio, notre futur Supérieur
Général apprend à respirer avec les
poumons de l’Église et du monde, à
mesurer les hommes et les problèmes sur des horizons
très larges. Bien que travaillant hors de l’Institut,
et étant, lui, Frère, directeur d’une
équipe sacerdotale, il affirme constamment son
appartenance inconditionnelle à la Congrégation.
La fibre mariste sera toujours très forte dans
âme de Basilio.
1965-1967
Il est nommé Directeur du Second Noviciat, en Espagne,
à Sigüenza, d’abord, puis à l’Escorial.
Il révolutionne les cours par des apports modernes,
par plus d’humanité, un meilleur centrage
sur l’Evangile, l’ouverture aux appels du
Concile et aux problèmes d’un monde. En fait
il transfère l’esprit et l’expérience
que lui avait donnés le Monde Meilleur dans ce
centre de formation de Maristes adultes et responsables.
Les Seconds Novices sont enthousiastes de lui, ils trouvent
en lui quelqu’un qui leur ouvre des autoroutes intellectuelles
et apostoliques dans un monde en pleine mutation. Par
ailleurs Basilio reste simple, cordial, attentif aux gestes
humains, prompt à l’humour. Il a l’art
de détendre la situation. Ses succès en
tous domaines lui valent d’être nommé
délégué au Chapitre général
de 1967.
1967
Le 24 septembre, il est élu Supérieur Général
pour une première période de 9 ans. Ce fut
une surprise et une joie. Surprise car il n’avait
à sa disposition aucun des atouts classiques pour
devenir Supérieur, il n’avait été
ni Conseiller Général, ni Provincial. Joie
d’avoir à la tête de la Congrégation
un homme intellectuellement très doué et
ouvert avec une forte expérience internationale.
Et la tâche que ce nouveau Supérieur devait
assumer était exceptionnelle : retourner aux sources
de l’Institut et le renouveler comme le demandait
le Concile (le fameux aggiornamento) et une société
qui évoluait très vite.
Aussitôt il commence le tour du monde maristepour
en connaître la réalité. Il laisse
l’administration directe de l’Institut à
son Vicaire, le Frère Quentin Duffy et prend pour
lui l’animation pastorale : visites des communautés,
donc voyages, et beaucoup de temps passé à
recevoir et à écouter les Frères
ou à leur écrire. Pratiquement il sera constamment
en voyage pour rencontrer les Frères là
où ils travaillent et pour animer directement des
retraites dans presque toutes les provinces. Période
difficile, celle qui suit le Concile : le monde, l’Église,
la vie consacrée changent rapidement, au milieu
d’une jeunesse contestataire et des générations
adultes inquiètes. Basilio sera une grande chance
pour notre Congrégation qui, grâce à
lui, entreprend avec fermeté les changements demandés
par le Concile. Par nature, il est ouvert à toute
saine nouveauté et souvent il la devance. Pendant
cette période il écrit des Circulaires remarquables
: Un Chapitre pour le monde d’aujourd’hui,
Les Appels de l’Église et du Fondateur, L’Entretien
sur la Prière, La Vie Communautaire, cette dernière,
un chef-d’œuvre lu et étudié
par bien d’autres congrégations religieuses,
et l’Entretien sur la prière. Celle sur l’Obéissance
est un bijou de compréhension de la vie religieuse.
Il avait en chantier la circulaire : Un Nouvel Espace
pour Marie. Toutes le révèlent lucide sur
le monde et les hommes, connaisseur des documents conciliaires
et capable de les communiquer, mais surtout, profondément,
un religieux, un homme familier avec Dieu.
(Reconnaissons que la Congrégation a contracté
une dette énorme de gratitude envers le Frère
Quentin Duffy. Pendant 18 ans Vicaire de Basilio, il a
assumé le travail administratif, discret, monotone,
de bureau, mais qui a été indispensable
et à permis à Basilio d’ouvrir toutes
grandes les ailes de son génie des contacts et
de l’animation.) Mais chaque fois à Rome,
Basilio reprenait les rennes de l’administration.
1976
Contre son attente, ses valises étaient faites,
le Frère Basilio est réélu Supérieur
Général par une grande majorité de
voix. Comme il l’avait déjà fait,
il va se donner corps et âme dans les visites, les
retraites animées, les directions spirituelles.
Dans la Congrégation on s’habitue à
un Supérieur Général qui travaille
toutes les nuits jusqu’à 2 ou 3 heures du
matin. De cette période sont les Circulaires sur
le Projet de Vie Communautaire, qui devaient donner aux
communautés un style de vie plus évangélique
et plus apte à répondre aux appels de l’homme
d’aujourd’hui et de son propre milieu. Un
Nouvel Espace pour Marie présente beaucoup de vues
exégétiques en avance sur son temps, ouvre
un espace aux Frères pour des confidences sur leur
vie avec la Bonne Mère et rassure les Frères
que Vatican II n’a pas mis la Vierge à la
porte. La Circulaire sur l’Oraison sera une de plus
appréciée, elle correspond aussi à
un des efforts les plus constants du Frère Basilio.
Dans toutes les retraites qu’il donnait l’oraison
avait une place prépondérante. Enfin, celle
sur la Fidélité qui est comme le chant du
cygne : le grand Magnificat qu’il fait chanter à
toute la Congrégation Mariste. Une des joies de
Basilio en expédiant cette circulaire sur les routes
du monde maristea été d’avoir écrit
« un paragraphe de gloire en l’honneur de
l’Église : la fidélité de tant
de Frères », alors qu’en tant d’aspects
l’Église traversait un moment d’épreuve
et parfois d’humiliation.
1985
Après le Chapitre général il jouit
d’une année sabbatique, dont il consacrera
une grande partie à la prière et à
la spiritualité et il aura aussi le bonheur de
visiter la Terre Sainte. 18 ans Supérieur Général,
dans une période des plus tourmentées, il
aura parcouru des milliers de kilomètres, donné
de centaines de retraites, de conférences, fait
travailler beaucoup l’IBM pour un résultat
sérieux des enquêtes, écrit près
de 2 500 pages de circulaires, dont certaines sont des
bijoux de spiritualité, et plus de 50 000 lettres,
accueilli des milliers : prêtres, amis, anciens
élèves, frères et accompagné
plus directement des centaines. Son expérience
humaine était des plus riches ; sur les problèmes
humains il était devenu une autorité à
laquelle on faisait volontiers recours.
1986
Revenu au Mexique il sera maître des novices de
la Province du Mexique Centrale. Et, invité par
le Frère Charles Howard, il met tous ses efforts
aussi à lancer la Famille Mariste.
1990
Il assure la direction d’un cours de 18 mois pour
maîtres de novices, à l’Oasi, près
du lac Albano (Rome). Si grande était la confiance
qu’on lui faisait, qu’on remettait à
sa responsabilité la formation des futurs maîtres
de novices du monde mariste, l’avenir de la congrégation.
C’est pendant ce temps que meurt, dans cette même
maison le Père Rotondi, fondateur de l’Oasi
et grand ami de Basilio. C’est ce père qui
voulait fonder une congrégation de prêtres
au service des Frères, tant il admirait Basilio
et notre Congrégation. En fait, le Père
Rotondi est mort dans les bras de Basilio.
1991-1996 Il retrouve son rôle de maître
de novices, pour les deux provinces mexicaines. Au milieu
des jeunes il est père, formateur, frère,
ami. Il crée de grands espaces de liberté,
de joie, de famille et d’intimité avec Dieu,
dans la simplicité. Le programme de formation qu’il
avait élaboré pour les novices et les spécialistes
qu’il leur avait trouvés, nous laissent surpris
par le sérieux, l’ampleur, l’équilibre
humain qu’il visait. Il savait former des hommes,
des apôtres.
1996
Le 21 janvier il entre dans la Pâque définitive
par le retour au Père. La messe d’enterrement
est célébrée le 23 janvier 1996 :
c’est une apothéose de reconnaissance et
d’amour. Suivant sa volonté il est incinéré
et ses cendres reposent dans la maison de la Quinta Soledad,
la maison provinciale de Mexique Centrale.
Basilio nous a enrichis de sa personne, de sa pensée,
de la grande affection qu’il portait à chaque
Frère. Et c’est tout cela qu’il donne
encore, aujourd’hui, à chacun de nous.