Gabriel Rivat est le 7ème enfant
d'une famille très chrétienne de La Valla-en-Gier
(Loire). Né le 12 mars 1808, il a 8 ans quand S.
Marcellin Champagnat arrive dans la paroisse. Très
vite il accompagne son frère au catéchisme
du nouveau vicaire qui lui permet de faire à 10
ans une Première Communion qui avait lieu plutôt
à 13 ou 14.
Trois sem
aines
plus tard il vient vivre avec les premiers Frères
Maristes. Il sera le 6ème du groupe , car déjà
son choix est fait par lui-même en union avec sa
sainte mère,comme il le rappelle dans ses carnets
.
Il n'y a pas encore d'émissions
de voeux dans cette communauté naissante.Cependant,
un peu plus tard,il va faire des promesses, revêtir
un habit spécial(qui n''est pas la soutane) et
recevoir un nom nouveau: Frère François.
On peut dire que, dès lors sa
sainteté va progressant, d'une façon absolument
continue. Bien doué, et aussi, grâce aux
méthodes assez actives de l'époque, il peut,
dès l'âge de 12 ans, devenir enseignant car
les écoles sont à peu près inexistantes,après
ces 25 ans de Révolution et Empire consacrés
à la guerre. Troisème membre d'une communauté
de trois, il est chargé de préparer les
repas et, l'après-midi, il prend les élèves
les moins avancés, souvent plus âgés
que lui, pour leur apprendre lecture, catéchisme
et prières.
Après quelques années
comme instituteur (il s'agit, bien sûr, uniquement
d'enseignement primaire), il doit remplacer, comme directeur,
le premier Frère mariste décédé.
Nous sommes en 1825. Il a 17 ans.
Mais bientôt une autre urgence
se fait sentir. Dans une période où bien
des maladies deviennent vite mortelles, Marcellin Champagnat
a établi une infirmerie dans la maison-mère
(N.D. de l'Hermitage. St Chamond) et il demande au Frère
François de se préparer à devenir
infirmier. Le Frère a d'ailleurs une bonne connaissance
des simples qu'il ne cessera d'améliorer.
Pendant cette période à
la maison-mère, il doit accepter en même
temps d'autres tâches:professeur, maître des
novices, etc. Il vit alors un certain nombre de crises
qui agitent la communauté naissante. Viendront
les années 1836-1838 où le Fondateur doit
s'absenter des mois entiers à Paris. Frère
François ,déjà devenu une sorte de
secrétaire général, doit, dans ces
nouvelles circonstances carrément remplacer Marcellin
Champagnat. Cela le prépare à la tâche
qu'il redoute: diriger la congrégation . Ce choix
sera fait démocratiquement le 12 octobre 1839.
Malgré une santé sans
cesse déficiente, qui pourrait le porter à
une démission, il accepte les signes lui montrant
qu'il doit rester supérieur général.
Il mène à bien l'union de ses Frères
avec deux groupes qui essaient de se constituer: les Frères
de St Paul-3-Châteaux et ceux de Viviers; et quand
finalement, il donnera sa démission au bout de
20 ans, la communauté sera passée de 280
à plus de 2000 membres.
Il lui reste à vivre 20 autres
années un peu plus paisibles, comme supérieur
deN.D. de l'Hermitage, infirmier, préparateur de
remèdes, cultivateur de plantes et surtout directeur
spirituel, directement ou par lettres. . Dans cette dernière
période, les témoignages abondent qui font
allusion à ses talents d'infirmier et à
ses guérisons qui plus d'une fois semblent bien
relever d'une intervention surnaturelle. Sa vie est en
effet de plus en plus celle d'un mystique.Nombreux sont
ceux et celles qui ont pu parler de ce visage rayonnant
qu'il avait en revenant de la communion. Un soir de Fête-Dieu,
on le voyait reprendre les sentiers qu'avait suivis le
Saint-Sacrement, car le Bon Dieu,disait-il, avait répandu
ses grâces à pleines mains et il en sentait
encore le parfum.
Victime d'une attaque, en 1876,il obtient
, grâce aux prières des Frères une
rémission de 5 ans qui seront plus que jamais voués
à la prière. Malgré une semi-paralysie,
chaque jour il fait son chemin de croix jusqu'à
sa mort qui le frappe pendant l'angelus de midi .Un prêtre
qui a travaillé à sa cause de béatification
a pu dire que jamais son groupe n'avait trouvé
un cas de sainteté si facile à démontrer.
Il a été déclaré vénérable
en 1968.