Apports de l’expérience internationale de Formation conjointe
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Rendons grâces à Dieu de nous appeler à “opter pour la vie” (Dt 30,19) et à « prendre le large” (Lc 5, 4).
Le 20ème Chapitre général disait: “Convaincus que l’Esprit de vie nous conduit sur ce chemin commun, et tout en respectant nos différences et les rythmes de chacun, nous nous engageons à œuvrer ensemble dans des expériences et une réflexion qui nous amèneront à approfondir notre identité mariste et à clarifier les différentes formes d’appartenance à l’Institut. Cela implique des processus de formation conjointe. » (29).
La rencontre internationale de frères et laïcs à Les Avellanes, en mai 2007, s’est fait écho de l’engagement du Chapitre et a essayé de préciser les éléments fondamentaux pour les Processus de formation conjointe.
L’Assemblée internationale de la Mission Mariste, à Mendes, en septembre 2007, a confirmé le chemin parcouru sur ce chemin avec ces affirmations : « Nous nous sentons appelés à promouvoir une formation conjointe pour approfondir notre vocation commune et nos vocations spécifiques tant aux niveaux provinciaux que régionaux et internationaux. » (Mendes 1.1 ; 2.1)
Notre rencontre de Quito, avec 21 maristes, 11 laïcs, hommes et femmes et 10 frères de 14 Unités Administratives, fait partie de ce même itinéraire qui commence avec le Chapitre général, où nous voulons qu’à partir de ces processus de formation conjointe nous puissions enrichir nos vocations spécifiques et notre vocation commune, et ainsi recréer le charisme mariste pour notre temps.
Cette vue a été ratifiée dans la Lettre que nous avons reçue du Fr. Sean : « Ne craignez pas d’avoir des rêves aujourd’hui, de nous poser des questions et de stimuler notre imagination. Partez de votre expérience… pour nous aider à approfondir la valeur de nos vocations respectives et à les vivre de manière plus pleine. Le charisme appartient à nous tous... pour cela nous faisons l’effort de rendre visible la vie et la mission mariste du futur, et nous y mettons nos énergies pour faire que cette vision devienne réalité.
Le chemin parcouru pendant ce mois, nous a fait vivre l’expérience des disciples d’Emmaüs : marcher ensemble, partager la vie, sentir que notre cœur brûle et devenir pain pour les autres. Cette expérience fortement humaine, communautaire et divine, nous a conduit à exprimer les convictions suivantes :
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La vocation mariste est un don de Dieu qui est offert à des personnes engagées dans des formes de vie différente, qui veulent vivre l’Evangile en suivant le charisme mariste. La vocation mariste est affaire de laïcs appelés et de frères.
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La dimension communautaire de notre vocation se traduit dans une recherche commune d’un nouveau sens du charisme mariste pour le monde d’aujourd’hui, découvrant de nouveaux chemin de vitalité et de rénovation.
- La formation conjointe veut exprimer que, laïcs et frères, nous avons réciproquement besoin les uns des autres pour développer notre identité commune et nos identités spécifiques. La complémentarité rend plus riche ce don de Dieu à l’Eglise et devient un signe de communion. Nous devons chercher ensemble les implications de ce nouveau chemin.
- La formation suppose des processus, dans lesquels nous soulignons l’idée d’itinéraire, de chemin, de marche, d’étapes, de systématisation… plus que des actions ponctuelles ou des programmes sans vision.
- La formation que nous visons est surtout expérience de vie, et donc elle devrait préparer au partage de la vie, de la foi, de la mission, du charisme, des expériences communautaires, de la réflexion... Nous croyons dans l’expérience comme chemin de croissance : expérience lue, interprétée et partagée.
- Les processus que nous entrevoyons sont des processus communautaires, vu que l’identité mariste que nous voulons recréer est faite pour être vécue en communauté. En même temps nous croyons que ces processus doivent être pensés par des laïcs et des frères, grâce à une démarche et une expérience commune.
- Nous devinons que raviver la flamme du charisme mariste dans les Unités Administratives, grâce à des processus de formation conjointe, exige un engagement global de rénovation aussi bien chez les frères que chez les laïcs, hommes et femmes. La transformation veut dire des rêves nouveaux de la vie et de la mission mariste pour le futur, et engage les personnes et les structures.
- La mission d’instaurer le Royaume de Dieu forme le grand horizon de nos processus de formation. La mission est ce qui nous réunit dans une vocation commune. Dans cette mission nous visons spécialement les enfants et les jeunes dans l’engagement social pour la transformation de notre monde.
- Pédagogiquement nous visons à une démarche qui part de la personne (processus personnels) et qui est complétée dans la communauté (processus communautaires), dans les dimensions de foi, de vocation, de relation avec les autres, de mission. Il nous est difficile d’admettre, en partant de ce que nous avons vécu ce mois, que l’on puisse faire de vrais pas communautaires, s’ils ne naissent pas de processus personnels.
- Nous pensons que la proposition de formation conjointe doit se baser sur le Projet provincial. Cela suppose de préparer des équipes de formateurs, projeter des stratégies de suivi et d’accompagnement des processus, revoir les structures de formation actuelles de sorte qu’elles puissent intégrer les frères et les laïcs, hommes et femmes, animer des processus locaux, introduire des méthodologies appropriées.
Quand nous avons terminé notre Formation conjointe à Quito nous nous sommes vus identifiées avec le geste de Champagnat de mettre les enfants sur ses épaules. La statue de Marcellin au Vatican semble humaniser un geste divin. La main de Marcellin laisse une caresse, c’est comme le sacrement de la rencontre. Dans l’enfant se montre le Dieu de la vie qui nous porte la joie, la créativité, les rêves. Notre expérience de ce mois veut honorer la vie, comme le fait Champagnat avec l’enfant. Mettre debout ce qui naît, comme l’enfant, promouvoir la capacité de rêver.
Le chemin que nous avons fait pendant ces semaines déborde d’espérance qui anticipe le futur de Dieu, nous stimule devant la résignation et le pessimisme, nous aide à dépasser les thèmes et les chemins habituels, nous offre des alternatives et nous ouvre à la nouveauté de Dieu.
Contempler la statue de Champagnat nous invite à stimuler la créativité et le dynamisme, et à «aller plus loin de nos possibilités ». Devant les défis que le monde d’aujourd’hui offre au charisme mariste, regarder le geste de Marcellin nous encourage à ne pas renoncer au risque, à promouvoir ce chemin de formation conjointe et à remplir notre vie d’espérance.
A partir de cette expérience et des convictions que nous avons manifestées, nous donnons priorité à ces éléments de formation pour qu’ils soient promus dans les Unités Administratives dans le cadre des Processus de formation conjointe :
ELEMENTS DE FORMATION PRIORITAIRES POUR
LES PROCESSUS DE FORMATION CONJOINTE
1 PRIORITES DES PROCESSUS DE FOI
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Les traits du charisme mariste: l’esprit de famille, la pédagogie de la présence, enfants et jeunes comme sacrements de Dieu, dans le style de Marie, avec une spiritualité de la simplicité, l’exercice de la présence de Dieu… Ils déterminent notre manière de suivre Jésus.
- Transmettre ces traits maristes de notre suite de Jésus à tous les destinataires, par notre témoignage et nos projets.
- Faire de nos œuvres des lieux d’annonce et de dénonciation, selon l’esprit prophétique que l’évangile de Jésus nous suggère.
- Favoriser des rencontres de réflexion conjointe sur le présent et le futur de la vie mariste : identité vocationnelle, mission, spiritualité…
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Notre foi accepte et accueille le Dieu de la vie, le Dieu qui s’incarne et se rend présent en tout et en tous, et que nous découvrons quand nos yeux regardent à partir de son Amour.
- S’assurer d’avoir des clés de lecture pour l’interprétation de la vie et pour encourager un dialogue attentif et priant avec la réalité.
- Valoriser l’expérience humaine comme un élément pour approfondir la foi.
- Encourager le discernement dans l’éducation de la conscience personnelle, de la transparence et de l’ouverture avec soi-même et avec Dieu.
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L’initiation et l’accompagnement dans le chemin spirituel que nous a laissé Marcellin Champagnat suppose des formateurs laïcs, hommes et femmes, et des frères formés pour telle mission.
- Créer des processus et des itinéraires de foi (centralité de Jésus Christ, présence de l’Eglise, itinéraire marial), conduits conjointement. De tels processus sont attentifs aux niveaux d’initiation, d’approfondissement et d’engagement ou d’adhésion.
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La spiritualité mariste est une spiritualité communautaire, qui fait des nous des compagnons de route dans notre approche au Dieu-amour et nous aide à promouvoir une Eglise-communion. La communauté religieuse, l’Eglise, la famille, sont des lieu où la foi grandit.
- Créer des communautés qui ont du sens: simples, ouvertes, sensibles, où l’expérience de Dieu puisse se faire en plénitude, dans le partage de la vie, de la mission et de la formation, entre laïcs : hommes et femmes, et frères.
- Favoriser et promouvoir des espaces (rencontres, retraites, mission…) et des structures qui permettent de partager la vie (communautés ouvertes, communautés mixtes, espaces communs pour partager en groupes, Mouvement Champagnat…).
- Approfondir la spiritualité de la communion comme prophétie pour notre monde.
2 PRIORITES DES PROCESSUS DE VOCATION
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Promouvoir un modèle de pastorale vocationnelle pour le développement de la vocation mariste commune et les vocations spécifiques (vie laïque, vie religieuse, vie sacerdotale…) Un tel modèle devrait se baser sur une théologie solide qui offre les fondations pour les diverses identités vocationnelles maristes, surtout « la vocation mariste laïque ».
Quelques critères : un modèle qui soit ouvert, flexible, ecclésial… ; centré sur la personne plus que sur les besoins des institutions ; progressif ; qui respecte les cultures et les processus locaux commencés ; qu’il soit présent dans tous les processus de pastorale mariste et lié aux divers milieux où on encourage la vocation, comme la famille, les écoles, les communautés, les fraternités…
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Développer des itinéraires formatifs conjoints, en même temps que la création d’équipes de frères et de laïcs qui accompagnent les processus de croissance et de rénovation du charisme mariste.
- Former à l’accompagnement, de sorte que l’on puisse aider la croissance personnelle (réponse vocationnelle) et la croissance communautaire.
- Renouveler les processus de formation spécifique du frère, tout aussi bien dans sa formation initiale comme dans celle permanente, pour qu’elles comprennent des éléments de formation conjointe (Eglise-communion, vocation mariste laïque, complémentarité…)
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Créer ou renforcer des communautés, des fraternités et des œuvres maristes de référence (composées de frères, de laïcs ou conjointement) qui encouragent une vie conforme avec la vocation reçue et une forte expérience communautaire, missionnaire, ecclésiale et sociale incarnée dans la réalité.
- Renforcer les communautés de frères pour qu’elles soient des espaces vocationnels et de vie pour eux et pour les autres.
- Promouvoir des expériences communautaires de laïcs qui permettent à la vocation mariste de devenir vie.
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Partant de notre vocation commune nous sommes appelés à vivre la centralité du Jésus dans le quotidien en nous sentant hommes et femmes de Dieu et offrant des réponses audacieuses à notre réalité personnelle, communautaire et sociale.
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Avancer dans la réflexion sur les formes et les structures d’engagement, d’adhésion et/ou d’appartenance au charisme mariste (types, durée, droits et obligations, reconnaissance ecclésiale…)
3 PRIORITES DES PROCESSUS DE RELATION
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Cultiver des relations inspirées par Jésus et Marie et dynamisées par le rêve de Champagnat, qui nous permettent de construire le Royaume à partir de la fraternité.
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Dynamiser une plus grande présence des frères et des laïcs appelés dans des activités significatives de la mission mariste, qui rende visible la coresponsabilité et la communautéPromouvoir et former des frères et des laïcs pour un leadership prophétique.
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Favoriser des relations qui assurent la transmission du charisme en favorisant des noyaux communautaires de référence à niveau local et provincial.
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Favoriser des relations entre laïcs: hommes et femmes, et frères qui offrent espérance et joie dans la formation conjointe, permettant la vie entre nous et avec les autres, surtout avec ceux qui se trouvent en marge du processus.
4 PRIORITES DES PROCESSUS DE MISSION
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Constituer des communautés passionnées du Christ et de l’être humain, fidèles au charisme mariste, qui intègrent vie et prière. Des communautés qui deviennent des médiatrices entre le monde croyant et le monde incroyant, en étant des signes de l’évangile et des références de foyer dans le style de Maria.
- Promouvoir une présence significative entre les enfants et les jeunes, en situation de vulnérabilité et de risque social; surtout dans des milieux où les autres ne sont pas. Elle se veut une présence maternelle, dans le style de Marie.
- Créer des signes vivants de communion avec les institutions, les mouvements ecclésiastiques, interreligieux et sociaux. En développant la flexibilité, l’inculturation, le changement et les positions peu commodes, dans un monde changeant.
- Revoir et redimensionner nos structures, nos œuvres et services pour qu’elles rendent visible l’action évangélisatrice et l’engagement de notre mission capable de transformer la situation.
- Participer, à partir de notre propre identité, à des espaces de promotion et de défense des droits de l’homme, spécialement de l’enfant et du jeune, avec une implication dans des politiques publiques.
PARTICIPANTS:
Amazonie: Valdir Gobatto,frère. Amérique Centrale: Sergio Pérez, laïc, y Luis Carlos Gutiérrez, frère. Brésil Centre Nord Rita Rocha, laïque, y Wagner Cruz, frère. Brésil Centre Sud: Lúcia Coelho, laïque, y Anacleto Peruzzo, frère. Compostelle: Carlos Hernández, frère. Cruz del Sur: Marcos Denevi, laïc. Ibérica: Ernesto Tendero, frère. L’Hermitage: Jaume Parés, frère. Mediterránea: Juan García, laïc. México Occidental: Cecilia Cortez, laïque. Norandina: Cristina Ángel y Claudia Rojas, laïques. Paraguay: Francisco Romero, frère. Río Grande do Sul: Sérgio Schons, laïc. Santa María de los Andes: Mónica Aguirre, laïque. Centre de spiritualité El Escorial: Javier Espinosa,frère. Secrétariat élargi des Laïcs: Ana Sarrate, laïque, y Pau Fornells, frère. |