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Présentation
La présente parution des “
Cahiers Maristes ” est tout entière formée
d’un seul “ Carnet de Frère François
”. Il mérite la première place par le
fait qu’il présente des indications personnelles
sur la vie privée de l’auteur. Son volume relativement
réduit par rapport aux autres qui vont suivre permet
de le transcrire en entier dans une seule livraison.
Ce “ Carnet ” se présente sous forme
d’un petit livret, de format 14 x 8,5, constitué
par trois cahiers reliés ensemble, totalisant 286
pages dont plusieurs, notamment les dernières, ne
sont pas utilisées.
Il ne fait aucun doute que l’auteur en est Frère
François. Il se découvre dans plusieurs notes
très personnelles, et particulièrement dans
un “ curriculum vitae ” des pages 48 à
56 qui ne laisse aucun doute.
Par contre, il est bien difficile de le dater. Des indications
de dates vont de la “ retraite de 1832 ” jusqu’au
“ Jubilé universel de 1879 ”. Des réflexions
sur la manière de gouverner l’Institut comme
sur les attitudes à prendre par le supérieur
vis-à-vis des Frères, nous situent durant
son généralat, donc de 1840 à 1860.
Comment, par conséquent, ne pas penser que ce “
Carnet ” lui servit de compagnon tout au long de sa
vie, non pas peut-être sous sa forme définitive
actuelle, mais sous celle de cahiers. Le premier des trois,
de la page 1 à 82, se détache assez nettement
quant au contenu très hétéroclite.
Le seocnd, dans ses premières pages, continue de
la même manière que le premier, mais prend
rapidement la forme d’un recueil de citations d’auteurs
spirituels. Juste au milieu de ce cabier, page 123, commencent
les réflexions numérotées. Les premières,
jusqu’au N° 78, page 132, sont en langage partiellement
chiffré. Au delà ces réflexions numérotées
continuent sans interruption, enjambant de trois pages sur
le troisième cahier, à partir de la page 163,
en laissant cependant apercevoir un petit changement dans
l’écriture plus pâle et les lignes plus
serrées. Suivent ensuite 21 pages blanches et le
texte reprend en haut de la age 185 qui devrait être
en fait la page 187. Plus loin les pages 224 à 262
sont également blanches ; une “ Table ”
occupe les pages 263 à 275, pour laisser encore 11
pages blanches, de 276 à 286.
Quant à la reliure, elle est artisanale, mais solide,
sous carton plutôt léger avec dos en papier.
Elle est rien moins que récente, sans qu’on
puisse affirmer qu’elle remonte au temps de l’auteur,
mais sans l’exclure non plus, du moins pour ce premier
qui se distingue des autres “ Carnets ” de même
format qui ont une couverture d’un carton épais
et le dos en cuir. Ce que l’on peut dire, vu l’absence
totale de marge à droite, c’est que Frère
François se servait des petits cahiers avant qu’ils
ne soient reliés mais tout en ayant soin que la pagination
se suive d’une cahier à l’autre, ce qui
laisse penser qu’il songeait déjà à
les relier.
Pour ce qui est du contenu, la première remarque
à faire, valable d’ailleurs pour les autres
“ Carnets ”, concerne les titres qui sont toujours
écrits en ronde, voire en gothique, mais d’une
manière assez maladroite pour la plupart.
La particularité du présent “ Carnet
”, c’est d’abord 5 pages écrites
en colonnes de sorte qu’il faut trouver la clef pour
les lire, et les 9 pages en langage chiffré dont
le code est assez facile à trouver. L’auteur
cherche-t-il à préserver par là son
intimité? mais de quels regards indiscrets, car on
ne voit pas comment l’auteur aurait pu prévoir
l’utilisation de ce carnet par d’autres personnes?
D’ailleurs, ce qu’il cherche à voiler
n’est pas plus intime que le reste. Serait-ce tout
simplement par manière de s’exercer à
l’emploi d’un code secret dont il entrevoyait
l’éventualité de devoir s’en servir?
Ou bien serait-ce une circonstance précise qui l’aurait
obligé par prudence à se couvrir? Quoi qu’il
en soit, la difficulté pour nous réside moins
dans la lecture de ces passages, que dans l’identification
du trait de caractère que le besoin d’user
de tels procédés fait soupçonner.
Ce que l’on peut dire, en tous cas, c’est que
à déjà Frère François
se révèle, à l’inverse du Père
Champagnat dont il prend la place, homme d’écriture
plus que de parole. La réserve qu’il s’impose
au nom de la règle du silence, jointe à la
timidité dont témoignent maintes réflexions
dans ce carnet, l’empêchent de s’extérioriser,
le contraignant à satisfaire par la plume silencieuse
et complaisante.son besoin de s’exprimer.
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